mercredi, octobre 7

  • Une équipe de TF1 a accompagné des archéologues français au Somaliland, État qui a proclamé son indépendance vis-à-vis de la Somalie en 1991, à la recherche de trésors cachés d’art rupestre.
  • Ils ont découvert de nouvelles peintures préhistoriques jusqu’ici inconnues.
  • Regardez ce reportage du JT de TF1.

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Au cœur des étendues désertiques du Somaliland, une équipe d’archéologues français mène une mission scientifique exceptionnelle. Ce territoire, séparé de la Somalie en 1991 après une guerre d’indépendance sanglante, n’est pas reconnu par la communauté internationale mais possède ses propres frontières, son armée, sa monnaie, son parlement et sa capitale. Depuis 35 ans, il tente d’exister dans une région très instable.

Dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article, notre équipe rencontre les archéologues français alors qu’ils s’apprêtent à partir en mission, toujours accompagnés par des policiers armés : si les premiers déplacements se faisaient dans des voitures blindées, la situation s’est détendue mais l’escorte reste obligatoire. 

Un Lascaux à ciel ouvert vieux de 5.000 ans

Après une heure sur la seule route asphaltée du pays, puis une piste traversant un territoire de rocailles et d’épines peuplé de dromadaires et de babouins, les archéologues rejoignent la colline de Laas Geel.  Il y a encore 23 ans, hormis les habitants des alentours qui le considéraient comme maléfique, personne ne connaissait ce site préhistorique. Xavier Gutterz, archéologue spécialiste de l’art pariétal africain qui a participé à sa découverte, se souvient de sa surprise lors de sa première visite : « Dans la vie d’un archéologue, il y a des découvertes, mais une comme celle-là, c’était la première fois« .

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Le plafond de l’abri sous roches est constellé d’œuvres comparables à celles de Lascaux ou de Chauvet, mais plus récentes. Il s’agit principalement de vaches, peintes selon les archéologues il y a 5.000 ans, à l’époque des premiers éleveurs nomades, qui se sont aussi représentés. 

Une nouvelle découverte exceptionnelle

Un des objectifs de la mission, outre celui de veiller à la préservation du site de Laas Geel, est de prospecter pour découvrir des abris ornés encore inconnus. L’équipe remonte le cours de l’oued où, depuis 5.000 ans, circulent les troupeaux. « Chaque année, quand on vient, il y a une nouvelle chose qui apparaît. Ça enrichit vraiment notre connaissance de ce patrimoine. C’est tout à fait extraordinaire« , témoigne Xavier Gutterz.

Sous la protection de la police, les archéologues inspectent la moindre faille dans la corniche. Par 38 degrés, au fond d’un abri, ils font une découverte majeure : de nouvelles peintures rupestres. Les chercheurs chevronnés redeviennent alors des enfants devant un sapin de Noël: sous leurs yeux, toute une composition de peintures, moins spectaculaire que celle de Laas Geel mais vieille de plusieurs milliers d’années. « C’est formidable. D’abord, on se dit qu’on n’est pas au bout de nos peines, on a des formes nouvelles, on a des nouvelles figures qu’on ne connaissait pas. On peut ajouter des éléments sur la chronologie. Pour nous, c’est important« , se réjouit le préhistorien Luc Jallot, professeur à l’université Paul Valéry de Montpellier.

Au sol, des traces de vie préhistorique sont également visibles. « Quand on arrive dans l’abri et qu’on voit qu’il y a du galet, le galet vient du fond de la rivière, il ne vient pas de l’abri du tout. Ensuite, ils ont tapé un coup sec et ils ont sorti cette lame« , explique Laurent Bruxelles, géoarchéologue au CNRS. L’abri est ensuite scanné pour créer un modèle 3D qui permettra de prolonger l’étude à distance.

Pour le Somaliland, pays en quête de reconnaissance internationale, cette nouvelle découverte est une source de fierté. « Nous sommes très fiers. Cela montre la richesse de notre patrimoine découvert grâce à l’équipe française. On est vraiment très heureux », commente un représentant du ministère du tourisme et de l’archéologie du Somaliland.

La rédaction de TF1info | Reportage : Michel IZARD et Bixente HACALA

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