dimanche, septembre 27

  • Les camions font vivre un enfer aux habitants de Saint-Sulpice-sur-Lèze.
  • Les pièces côté rue de certaines maisons sont inhabitables, sans compter les dégâts sur les façades.
  • La maire effectue elle-même des verbalisations pour dissuader les poids lourds.

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google

À Saint-Sulpice-sur-Lèze (Haute-Garonne), c’est Madame le maire qui fait la police. Dans ce village de 2.200 habitants, le passage des poids lourds est interdit une grande partie de la journée, mais le ballet est incessant. « Attendez, il y en a un autre qui arrive. Là aussi il y en a un », lance Sylvette Condis, son téléphone à la main, dans le reportage du 13H ci-dessus. « Nous n’avons pas de police municipale à Saint-Sulpice-sur-Lèze. Donc en tant qu’officier de police judiciaire, j’ai le droit de verbaliser. »

Une fois la photo prise, l’élue revient à son bureau pour transmettre les informations à l’Agence nationale des infractions, qui verbalise les routiers. « Aujourd’hui, c’est notre seule arme, on va dire », estime l’édile (DVG), précisant qu’elle souhaiterait « pouvoir le faire beaucoup plus fréquemment. »

Les chambres d’une maison particulière côté rue sont inhabitables. « Il y a les vibrations qui se transmettent par ces poteaux et qui montent dans les chambres là-haut. À l’étage… Si vous mettez la main sur le mur au moment où un camion passe, ça tremble. Pareil pour le plancher », illustre Clémence Lanta, pour qui la situation devient insupportable. « Moi, mon but d’être en campagne, c’était d’être tranquille. Là, on a les nuisances de la ville en étant à la campagne. Donc on a décidé de déménager dans un endroit plus calme. »

Les camions causent même des dégâts sur les façades. « Le camion qui effleure la façade, la dégradation de la descente des eaux pluviales, il arrive que la hauteur des camions parvienne à sectionner le câblage », montre un propriétaire qui doit faire des travaux régulièrement. 

Un bourg classé patrimoine remarquable

En moyenne, 350 poids lourds traversent ce village chaque jour. Ils évitent ainsi les embouteillages toulousains en coupant par la route départementale, un raccourci trop évident, qui leur fait économiser près de 12 euros de péage. Quand on arrive dans la commune, il est pourtant difficile de manquer les panneaux d’interdiction. À la demande de la maire, les gendarmes contrôlent et sanctionnent, mais trop occasionnellement. « C’est une mission parmi les autres, donc on ne peut pas y consacrer 100% de notre temps puisqu’à côté, il faut aussi gérer tout le reste de la délinquance », explique le lieutenant-colonel Bernard Perrot, commandant de compagnie de la brigade de gendarmerie de Muret.

Dans ce contexte, un collectif d’une centaine d’habitants veut aller encore plus loin. « Ce n’est pas suffisant. C’est pour ça que nous, on souhaite qu’il y ait des vidéos, des caméras qui soient mises en place, que ça soit en continu », réagit Sabine Sardella, présidente de l’association Sécurité et protection locale (SPL). La colère des habitants est d’autant plus forte que ce bourg, datant du Moyen Âge, a été classé « patrimoine remarquable » en mars dernier.

La rédaction de TF1info | Reportage Valentin VALETTE et Guillaume VUITTON

Share.
Exit mobile version