dimanche, septembre 27

  • La canicule de l’été dernier a poussé de nombreux éleveurs à entamer leurs stocks de foin.
  • Ils savent déjà qu’ils ne pourront pas tenir tout l’hiver et cherchent à s’approvisionner, y compris sur Internet.
  • Mais des escrocs en profitent, comme l’a constaté le 20H de TF1 en Ariège, où un refuge pour chevaux s’est fait avoir.

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Depuis plusieurs jours, Johanna Randavel,  présidente de l’association « Libre en Barguillère  » à Manses (Ariège), n’a quasiment plus de foin. L’éleveuse comptait sur un nouvel achat pour nourrir ses bêtes. Elle répond alors à une annonce alléchante sur Internet, alors que les informations fournies lui semblent sérieuses. « Et on me demande, c’était marqué dans le devis, un acompte. Donc on paye 1109 euros », explique cette dernière dans le reportage en tête de cet article.

Mais la veille de la livraison, on lui réclame la totalité du paiement. Johanna a alors un doute. Elle fait des recherches et contacte directement le patron de l’entreprise citée. « Je suis tombée sur cette personne. Je lui ai dit : voilà, je vous ai commandé du foin. Il m’a dit : oh non, vous n’avez pas fait ça. Et là, j’ai compris de suite qu’on s’était fait avoir. Ils m’ont dit : ‘mais si vous saviez, madame, on s’est fait usurper l’identité. Ça fait des mois que ça dure. Vous n’êtes pas la première à qui ça arrive’, raconte-t-elle. « Et là, je me suis effondrée. Le subterfuge est parfait ».

Au moins une dizaine de plaintes

Car effectivement, l’identité de cette société basée à Lyon a été usurpée. « Le numéro de Siret, il existe, le taux de TVA, c’est le bon. On a l’en-tête qui revient. En fait, il n’y a rien qui peut mettre la puce à l’oreille et qui peut dire que c’est une arnaque », observe l’éleveuse qui a perdu bien plus que 1 000 euros. Car avec la sécheresse, ses chevaux n’ont plus d’herbe pour se nourrir. « C’est nos dernières réserves », déplore celle qui puise dans ses réserves d’hiver, depuis le mois de juin. « Normalement, toute cette zone de foin, elle est pleine. Et là, c’est vide. Il n’y a plus rien », fait-elle encore remarquer. Et de poursuivre : « Ils profitent d’une situation qui est critique, de personnes qui sont vulnérables face à cette pénurie : on trouve, on prend ».

Le site en question est toujours actif sur Internet, avec des publications récentes. Notre équipe décide donc de contacter l’arnaqueur, qui nous propose par message un devis. Il ne décroche pas alors qu’il répond par texto. Avec l’arrivée de l’hiver, la pénurie de foin va s’accentuer. Les représentants agricoles craignent une augmentation de ce type d’arnaque. « Aujourd’hui, le foin est devenu introuvable. Les agriculteurs agrandissent un peu leur rayon de recherche. On espère pouvoir avoir confiance, mais visiblement, ce n’est pas le cas », commente Clémence Biard, vice-présidente de la chambre d’agriculture de l’Ariège. Selon nos informations, au moins une dizaine de personnes a porté plainte récemment auprès de la gendarmerie. Johanna, elle, cherche un fournisseur de confiance.

La rédaction de TF1info | Reportage : Perrine MISLANGHE et Axel HOURTEILLAN

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