lundi, août 10

Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué dimanche des frappes contre des intérêts saoudiens. Deux sites ont été visés : d’abord en Arabie saoudite à Jezan dans le sud-ouest du royaume contre une raffinerie du géant pétrolier Aramco, puis le port de Mokha, au Yémen, sur les bords de la mer Rouge, a également été visé par des attaques de missiles balistiques et de drones.

Ces attaques illustrent la nouvelle escalade en cours au Yémen. La trêve négociée en 2022 entre les Houthis et les forces gouvernementales a volé en éclats le mois dernier, après le bombardement de l’aéroport de Sanaa par l’Arabie saoudite pour empêcher un avion en provenance d’Iran de se poser avec à bord une délégation yéménite ayant assisté aux funérailles du guide suprême iranien Ali Khamenei. Les affrontements ont donc repris, faisant des dizaines de morts. Et les Houthis, soutenus par l’Iran, menacent désormais directement les intérêts saoudiens.

Le Yémen « au bord d’un retour à une guerre à grande échelle »

Le cessez-le-feu conclu en 2022 avait offert un répit à la population, la mise en pause d’une guerre dévastatrice de plus de sept ans. « La trêve était la bienvenue », estime Hans Grundberg, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen. « Elle a quand même apporté de grands bénéfices à la population, comme des ouvertures de routes qui ont été fermées depuis longtemps, la possibilité pour la population de voyager au sein du pays, mais aussi de voyager à l’extérieur du pays, précise-t-il. Cela a permis de rouvrir l’aéroport de Sanaa qui avait été fermé depuis longtemps. »

Mais depuis juillet, les combats ont repris. Les Houthis attaquent les forces gouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite. Ils visent des intérêts stratégiques du royaume et les deux camps se répondent désormais par des frappes.

Pour l’envoyé spécial de l’ONU au Yémen, jamais depuis 2022 le risque d’embrasement n’avait été aussi élevé : « Il est tout à fait clair que le Yémen aujourd’hui, c’est un pays qui est vraiment au bord d’un retour à une guerre à grande échelle. Là, on rentre dans un mode d’escalade, elle est dangereuse et ces attaques doivent cesser. »

Face au risque d’embrasement, la diplomatie reste la clé

Éviter cet engrenage, c’est désormais la priorité de l’envoyé spécial de l’ONU au Yémen. Les discussions avec les différentes parties sont difficiles, estime-t-il, mais elles se poursuivent. La diplomatie reste la clé, dit Hans Grundberg.

« Mon travail de médiateur, c’est d’essayer de trouver des solutions là où on pense qu’il n’y en a, explique-t-il. Et pour l’instant, je dois dire que c’est un travail assez difficile. Surtout dans la logique où on est aujourd’hui, c’est particulièrement compliqué. On rentre dans une situation où une attaque génère une volonté de riposte qui peut ensuite générer une guerre. Donc, le défi, c’est d’essayer d’appeler les différents partis à faire preuve d’une grande retenue. Et ça se traduit par des discussions compliquées, difficiles, que j’ai chaque jour. »

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