lundi, août 10

« C’est bien son propre bilan de ministre de l’Intérieur que l’actuel ministre de la Justice torpille aujourd’hui », estime dans un communiqué l’ANPJ.

Dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs et de formation : dans cette longue note datée du 29 juillet, révélée samedi par Le Monde et consultée par l’AFP, Gérald Darmanin synthétise à Laurent Nuñez les remontées d’informations établies par les parquets généraux sur ce contentieux devenu la priorité de son ministère depuis la vague d’indignation provoquée par l’affaire Lyhanna. Cette collégienne de 11 ans avait été retrouvée morte en juin dans le Gers, le principal suspect de sa mort, Jérôme Barella, mis en examen pour viol et meurtre d’une mineure, avait fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineures sans être inquiété.

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L’ANPJ « fustige l’hypocrisie et dénonce la trahison de l’ex-ministre de l’Intérieur »

« Ces constats et alarmes sont justifiés », considère l’ANPJ, qui « fustige l’hypocrisie et dénonce la trahison de l’ex-ministre de l’Intérieur, véritable Docteur Darmanin et Mister Gérald ». « Dans ce rapport, Docteur Darmanin, ministre de la Justice, se livre à un exercice d’inventaire des lacunes des services de police judiciaire du ministère de l’Intérieur, si longtemps occupé par Mister Gérald, resté place Beauvau plus de quatre ans, soit plus qu’aucun de ses prédécesseurs depuis 50 ans », cingle l’ANPJ.

Le ministre « dénonce à raison aujourd’hui le déficit alarmant d’enquêteurs, y compris dans les unités spécialisées, et l’accumulation de procédures en souffrance », poursuit l’association regroupant des enquêteurs de la PJ chargés de la délinquance de haut spectre (criminalité organisée, financière, etc.), hostiles à la réforme de la police menée en 2024. Cette réforme, « censée apporter des solutions durables à la crise de l’investigation, avec une « PJ à 22 000 effectifs » », n’a pas soulagé les « services d’investigations chargés de la petite et moyenne délinquance » et « a considérablement affaibli l’ex-police judiciaire », considère l’association.

« Dr. Darmanin et Mister Gérald. 10 ans de choix politiques ont détruit ma police judiciaire. Une réforme tournée vers l’ordre public. Et un fiasco annoncé », écrit l’ANPJ sur son compte X.

« De la communication politique sur le dos des policiers »

L’ANPJ rappelle par ailleurs que Gérald Darmanin avait connaissance « du rapport d’évaluation des stocks » qui établissait à « plus de trois millions » les dossiers non traités et « alertait sur le non-traitement de certains contentieux, dont celui des viols et agressions sexuelles sur mineurs ». « On a eu de cesse de rappeler à M. Darmanin pendant quatre ans qu’il fallait simplifier la procédure pénale, (…) arrêter de faire de la communication politique sur le dos des policiers pour s’attaquer » aux problèmes « et pas énoncer une priorité tous les jours », a aussi tempêté sur BFMTV Frédéric Lauze, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, qui, « révolté », a dénoncé « cynisme » et « trahison ».

Le garde des Sceaux a publié dimanche sur X un courrier de trois pages envoyé à Laurent Nuñez ainsi qu’à la ministre de la Santé et des Familles Stéphanie Rist, « pour que nulle fake news n’existe ». Ce courrier résume la note de 12 pages consultée samedi par l’AFP. « Personne n’a créé autant d’effectifs aux policiers et aux gendarmes (plus de 8 000 !), donné autant de moyens, sous l’autorité du président de la République, et s’est intéressé autant à la protection des mineurs que lors de mon passage à l’Intérieur voilà deux ans », se défend-il dans un message sur ce réseau social.

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