Au milieu des champs de tournesols, des carrés de terre jonchés d’ossements que les archéologues dégagent avec minutie. Probablement les restes des villageois polonais assassinés par l’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), assure Tomasz Trzaska, de l’Institut polonais de la mémoire. « On observe principalement des blessures mécaniques, des perforations et des fractures du crâne, qui correspondent aux descriptions et aux témoignages de ceux qui se souviennent de ces crimes ou qui les ont vécus. Tout concorde », explique-t-il au micro de notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat.
Ces fouilles débutées en juillet ont permis de mettre au jour les vestiges de 55 personnes, dont 26 enfants. Pour l’archiviste et historien Leon Popek, originaire de ces terres autrefois polonaises, il s’agit aussi d’honorer la mémoire de ses ancêtres. « Ce que nous faisons, c’est remuer la terre, exhumer des vestiges qui, d’un point de vue humain, devraient être respectés et enterrés », témoigne-t-il.
Un geste d’apaisement
Mais Tomasz Trzaska regrette l’instrumentalisation politique de cette histoire tragique pour attiser la haine entre Polonais et Ukrainiens. « Je sais qu’essayer de lutter contre la désinformation en ligne est inutile, mais il suffit de venir (…) et de rencontrer les Ukrainiens ici, qui n’ont rien à voir avec ça, pour comprendre. Peut-être même que leurs grands-parents font partie de ceux qui ont averti les Polonais des massacres ! », ajoute le Polonais.
En donnant son accord pour de prochaines fouilles, Kiev fait un geste d’apaisement envers Varsovie, espérant calmer le sentiment anti-ukrainien qui gagne du terrain en Pologne.
Les désaccords sur ce qui s’est passé et sur qui porte la responsabilité de ces massacres de Volhynie assombrissent depuis longtemps les liens entre ces deux voisins par ailleurs proches. Entre 1943 et 1945, quelque 70 000 à 100 000 civils ont été tués par l’UPA sur un territoire occupé par l’Allemagne nazie, selon la partie polonaise.
Varsovie parle de « génocide » contre la minorité polonaise, tandis que l’Ukraine, qui célèbre l’UPA comme des combattants de la liberté, considère ces événements comme une « tragédie » en temps de guerre et souligne que des Ukrainiens ont été tués en représailles.
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