- Elle a été démantelée il y a tout juste 30 ans.
- Entre 1971 et 1996, la base militaire du plateau d’Albion, en Provence, a abrité 18 missiles nucléaires répartis dans autant de zones de lancement.
- Une équipe de TF1 a pu visiter ce site depuis reconverti pour accueillir des scientifiques.
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Le 13H
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Des missiles nucléaires remplacés par des télescopes. Il y a 30 ans, en 1996, l’armée démantelait les installations militaires du plateau d’Albion, en Provence. Pendant 25 ans, ce site hautement confidentiel avait constitué l’un des piliers de la dissuasion nucléaire française. Entre 1971 et 1996, dix-huit missiles nucléaires y étaient répartis dans autant de zones de lancement enterrées. Le dispositif avait notamment été construit dans le contexte de la Guerre froide, afin de permettre à la France de riposter en cas d’attaque par l’URSS.
Depuis, les militaires ont laissé place aux scientifiques. Dans le reportage du 13H de TF1 visible en tête de cet article, une équipe de TF1 pénètre dans ces anciennes installations aujourd’hui utilisées pour observer le ciel mais aussi étudier la Terre.
Quinze télescopes à la place des missiles
A Lagarde-d’Apt (Vaucluse), une ancienne zone de lancement est devenue un observatoire astronomique. Les astronomes ont récupéré la parcelle en 2001, et une quinzaine de télescopes y sont aujourd’hui installés.
Le lieu présente des conditions particulièrement favorables. A plus de 1.000 mètres d’altitude, ce site isolé bénéficie de très peu de pollution lumineuse et d’une vue à 360 degrés. Les infrastructures militaires offrent, elles, une stabilité exceptionnelle. « L’armée nous a laissé ses vestiges, notamment une dalle de 9 mètres d’épaisseur qui entoure la porte sous laquelle se trouvait le missile »
, explique Solange Fouvert, responsable de l’observatoire Sirene. Une aubaine pour les astronomes dont les instruments nécessitent une grande stabilité. « On était vraiment les rois de l’Univers, comme on dit »
, poursuit-elle.
Un ancien poste de tir transformé en laboratoire
A quelques kilomètres de là, une autre installation a connu une reconversion encore plus étonnante. A Rustrel (Vaucluse), l’ancien poste de conduite de tir numéro 1, depuis lequel les missiles auraient pu être déclenchés, accueille désormais un laboratoire scientifique. De l’extérieur, seule une esplanade goudronnée à flanc de montagne est visible. Mais derrière un mur d’entrée de deux mètres de béton armé se cache un immense bunker souterrain. L’installation s’étend sur près de quatre kilomètres, avec son entrée, sa galerie anti-souffle et sa sortie secondaire. Son centre de commande se trouve enfoui sous la montagne.
Le site avait été conçu pour résister à une attaque. Au bout de la galerie d’accès, une impasse de 250 mètres devait ainsi absorber puis renvoyer vers l’extérieur l’onde de choc en cas d’explosion afin de protéger le reste des installations.
« Un site absolument extraordinaire »
Depuis 1998, les lieux abritent le Laboratoire Souterrain à Bas Bruit sous l’égide du CNRS et de l’Université d’Avignon. Son isolement permet aux chercheurs de réaliser des expériences particulièrement sensibles aux perturbations extérieures. Les chercheurs peuvent ainsi y mener des travaux en hydrologie, biologie, électronique ou encore astrophysique. Des sismomètres extrêmement sensibles sont notamment capables d’enregistrer de minuscules secousses qui seraient plus difficiles à détecter en surface en raison des activités humaines.
« On réalise bien qu’on a un site absolument extraordinaire. Personne n’irait payer un ouvrage pareil de nos jours juste pour des expériences scientifiques de surveillance de la Terre »
, souligne Daniel Boyer, directeur adjoint technique (Université Côte d’Azur).
Au cœur du bunker se trouve toujours l’ancienne capsule de tir. Derrière une porte de plusieurs tonnes, deux officiers se relayaient autrefois pendant 24 heures, prêts à recevoir un éventuel ordre de lancement.



