- Pour la première fois, les États-Unis ont reconnu publiquement disposer d' »armes spatiales ».
- Le traité de l’espace, signé en 1976, ne prohibe pas explicitement le déploiement d’armes conventionnelles.
- Pékin et Moscou n’ont pas manqué de réagir à cette annonce, qui pourrait ouvrir une nouvelle phase dans la course aux capacités militaires en orbite.
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Vers une course spatiale à l’armement ? Pour la première fois, les États-Unis ont reconnu publiquement que l’US Space Force dispose « de systèmes de contrôle armés en orbite »
. Des dispositifs « capables de défendre les forces interarmées contre toute action hostile »
, a déclaré, lundi 14 septembre, le secrétaire américain à l’Armée de l’air, Troy Meink, cité dans un communiqué (nouvelle fenêtre) à l’occasion de son discours d’ouverture lors de la Conférence Air, Espace et Cyber 2026. Un avertissement à peine voilé adressé à Pékin et Moscou.
Le Commandement spatial américain n’a pas souhaité s’étendre sur les raisons pour lesquelles la divulgation de cette nouvelle capacité intervenait maintenant. Il s’est contenté de déclarer que « de nombreux facteurs entrent en ligne de compte dans la manière dont nous parlons de ces choses »
. « C’est important du point de vue de la dissuasion »
, a indiqué un porte-parole de l’US Space Force.
L’espace, que le traité international de 1967 ambitionnait de démilitariser, l’est de moins en moins. Loin des projecteurs, de l’esprit d’auberge espagnole et de solidarité qui règne à bord de la Station spatiale internationale (ISS), une course pour la domination de la basse orbite terrestre fait rage au-dessus de nos têtes. Sans qu’on ne s’en rende compte.
Washington accuse depuis des années la Russie et la Chine de manœuvres contre ses satellites. En 2018, Florence Parly, alors ministre des Armées, avait révélé qu’un satellite russe avait tenté, un an plus tôt, d’espionner un satellite franco-italien (nouvelle fenêtre) servant à des communications militaires.
Les États-Unis n’enfreignent a priori aucune règle avec cette déclaration
Les États-Unis n’enfreignent a priori aucune règle avec cette déclaration
Laëtitia Cesari, spécialiste du droit de l’espace
Les déploiements d’armes conventionnelles n’étant pas interdits dans l’espace, « les États-Unis n’enfreignent a priori aucune règle avec cette déclaration »
, estime auprès de l’AFP Laëtitia Cesari, spécialiste du droit de l’espace au cabinet De Gaulle Fleurance. « La question de la prévention d’une course aux armements va se poser à la conférence du désarmement de l’ONU »
, dont la prochaine réunion a lieu en novembre.
Il existe actuellement quatre types d’armes anti-satellites ou Asat (pour « Anti satellite activities », en anglais). Ainsi, on retrouve les armes dites « cinétiques » (des missiles qui peuvent être tirés depuis le sol, l’atmosphère voire depuis l’espace pour détruire une cible) ; les armes dites « non cinétiques » (des lasers à énergie dirigée ou des rayonnements issus d’une détonation nucléaire capables d’aveugler ou d’éblouir un satellite) et, pour finir, le brouillage électromagnétique et les cyberattaques (pour perturber la collecte ou la transmission des données satellitaires).
S’agissant des « armes »
américaines, « je mise sur des brouilleurs, qui ne provoquent pas de débris »
dans l’espace, a réagi Victoria Samson, de l’ONG Secure World Foundation (nouvelle fenêtre).
Informé de ces déclarations, Pékin a appelé Washington à « cesser le déploiement de ses capacités militaires et (à) se préparer à une guerre dans l’espace »
. De son côté, Moscou a fait valoir que l’espace devait être « exempt de tout armement »
. Chinois et Russes ne sont sans doute pas en reste dans l’arsenalisation de l’espace. La Russie est soupçonnée par les Occidentaux de développer un programme d’arme nucléaire antisatellite. La Chine dispose, pour sa part, d’un avion spatial expérimental, le Shenlong, comparable au X-37B des Américains. Un appareil aux capacités encore largement méconnues, mais qui est soupçonné de pouvoir déployer divers engins en orbite.



