- Sur les réseaux sociaux, des publications affirment que la Commission européenne aurait fait une révélation.
- Elle aurait « confirmé officiellement que les éoliennes libèrent des particules de plastique ».
- Aucune déclaration en ce sens n’a eu lieu, et les études montrent un impact faible à ce sujet.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
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Et s’il s’agissait d’une « aberration écologique »
(nouvelle fenêtre) comme l’affirment certains ? Plusieurs comptes francophones commentent une prétendue annonce de la Commission européenne : elle aurait ainsi « confirmé officiellement que les éoliennes libèrent des particules de plastique et que cet abrasement se retrouve de manière incontrôlée dans l’environnement »,
selon certains utilisateurs (nouvelle fenêtre) du réseau social X citant le média allemand Blackoutnews.de (nouvelle fenêtre).
Cet article explique notamment que « la pluie, la grêle et la poussière frappent à grande vitesse les pales revêtues du rotor. Cela provoque une érosion, notamment des bords d’attaque, et une perte de matière plastique des revêtements protecteurs ».
La supposée déclaration de la Commission donne ainsi du grain à moudre aux détracteurs de cette énergie verte : « Pour un parc de 100 éoliennes, on arrive à 9 tonnes par an (de microparticules, ndlr) diffusées dans la nature/la mer. Allô les écolos ? »,
affirme notamment un utilisateur.
La Commission européenne a-t-elle ainsi reconnu officiellement une pollution des éoliennes ? Et que sait-on à ce sujet ? Nous avons vérifié.
Aucune révélation de la Commission européenne
Les publications citent unanimement l’article du média allemand Blackoutnews.de. Ce dernier fait référence à une question écrite de l’eurodéputé autrichien Gerald Hauser concernant la pollution des éoliennes le 5 juin dernier. Dans le compte rendu de la question, disponible ici (nouvelle fenêtre), il indique notamment estimer que 62 kilos de microparticules par an sont libérés par une pale d’éolienne, en se basant sur une étude norvégienne de 2021.
Dans sa réponse du 12 août 2026, la commissaire européenne à l’environnement, Jessica Roswall, indique que « Les recherches indiquent que les émissions de plastique provenant des éoliennes sont nettement inférieures à celles d’autres sources »
. Elle énumère notamment les principales sources de rejets involontaires de microplastiques comme les peintures et revêtements, l’usure des pneus, les granulés de plastique, les textiles synthétiques, les géotextiles et, dans une moindre mesure, les capsules de détergent. Ainsi, à aucun moment la Commission européenne n’effectue une révélation particulière, ayant même tendance à relativiser l’impact des éoliennes à ce sujet.
L’information relayée par le média Blackoutnews.de n’a ainsi rien de nouveau, ni ne sonne comme une révélation. La ligne éditoriale de ce site d’information est critique vis-à-vis des énergies alternatives, et soutient régulièrement dans ses articles la thèse d’un effondrement énergétique du fait des choix politiques en faveur de la transition énergétique.
Un impact faible mais non nul
L’étude norvégienne citée par l’eurodéputé autrichien ne fait par ailleurs pas consensus : d’autres études (nouvelle fenêtre) ont montré que celle-ci avait effectué des calculs à partir d’échantillons récoltés en laboratoire, et en multipliant par le poids des pales d’éoliennes. Une évaluation approximative, pas basée sur des données récoltées pour l’ensemble des rejets de microparticules.
Des études plus récentes, notamment de l’Université technique du Danemark en 2024 (nouvelle fenêtre), estiment que la perte réelle est bien inférieure : au plus 540 grammes par pale et par an pour les éoliennes terrestres, et un tout petit peu plus pour celles offshore. Autres sources de rejet de microparticules citées par cette étude : les travaux de maintenance des pales, responsables d’une émission au maximum de 600 grammes de plastique par an et par pale pour des éoliennes en mer, et cinq fois moins pour des éoliennes terrestres. Soit tout au plus environ 1 kilo de microparticules estimé par éolienne au total, bien loin de 62 kilos avancés.
De son côté, l’organisme d’étude néerlandais TNO a évalué fin 2024 à environ 240 grammes par an les émissions de microplastiques d’une éolienne offshore. On peut notamment lire dans le rapport (nouvelle fenêtre)« Nos projections suggèrent que les émissions actuelles des pales d’éoliennes offshore néerlandaises, qui s’élèvent à 100 kilogrammes par an, sont environ mille fois inférieures aux émissions totales de microplastiques offshore aux Pays-Bas si l’on prend en compte d’autres sources, telles que les peintures et les revêtements des navires »
. Un impact infinitésimal par rapport aux volumes d’eau dans lesquels ces microplastiques se dispersent, et sans commune mesure avec d’autres types de pollutions marines listés par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) (nouvelle fenêtre) : emballages plastiques, fragments de pneumatiques ou encore fibres textiles issues du lavage en machine.
Attention cependant : certaines études, comme celle-ci aux Pays-Bas (nouvelle fenêtre), indiquent que les projections de rejet de microplastiques pourraient « atteindre environ 650 kilos d’ici 2041 »
dans l’ensemble du territoire néerlandais. Ces travaux insistent donc sur la nécessité de poursuivre les recherches pour atténuer cette érosion, par exemple avec « de nouveaux revêtements ou des pratiques de maintenance préventive »
. En somme, exactement ce que fait l’Union européenne : dans sa réponse à l’eurodéputé autrichien, la Commission européenne renvoie vers le projet Horizon Europe (nouvelle fenêtre) dans lequel on peut voir que la prise en compte de la « production de microplastiques »
par les éoliennes est un impact étudié de près.
Si les rejets de plastiques sont donc très limités, l’impact environnemental des éoliennes est loin d’être nul. Une équipe de recherche internationale, dont l’Ifremer, a identifié 228 substances chimiques potentiellement émises par les parcs éoliens (nouvelle fenêtre) en mer, dont 70% proviennent principalement des systèmes de protection contre la corrosion.
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