mercredi, septembre 16

  • Certains bébés sont exposés à la télévision ou au smartphone plusieurs heures par jour dès leurs premiers mois.
  • Ce qui peut avoir de lourdes conséquences sur leur développement intellectuel, avec des symptômes proches de l’autisme.
  • Regardez ce reportage de « Sept à Huit ».

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Une nouvelle baisse du niveau scolaire des adolescents a été enregistrée en France. Une tendance attribuée à la consommation excessive d’écrans. Les jeunes y sont exposés et deviennent accros de plus en plus tôt, certains bébés étant même laissés des heures devant les smartphones ou la télévision, souvent une solution de facilité pour les occuper et les calmer. 

C’est le cas du couple de Niçois qui témoigne dans la vidéo à regarder en tête de cet article, un reportage diffusé ce week-end dans « Sept à Huit » (à retrouver également en streaming sur TF1+). Depuis que leur nourrisson a quatre mois, il prend son repas devant la télévision, soit plus de quatre heures de temps d’écran chaque jour. « Sinon, c’est la guerre : ça peut être de la purée partout, ça peut être un refus. Il a besoin d’être concentré », explique la maman, Savinka. Elle n’a pas encore repris son travail et s’occupe souvent seule du bébé car son mari, pilote de ligne, s’absente chaque mois six à sept jours d’affilée. « La nuit, si je n’ai pas dormi et que je n’ai pas de relais, que je n’ai pas d’aide, ce n’est pas possible, la journée va être compliquée. Il faut que ce soit le plus calme possible, donc la télé, oui, c’est un outil, c’est mon outil », reconnaît-elle. 

Retards de développement et difficultés à communiquer

« Est-ce que vous culpabilisez de mettre cette télé ?« , lui demande la journaliste de « Sept à Huit ». « Non, à un moment donné, ma santé mentale passe avant« , répond-elle, tout en soulignant que ce sera le cas et qu’ils feront « machine arrière » « si sa santé ou son développement sont mis en cause« . Ce qui la déculpabilise aussi, ce sont les recommandations d’âge donnés par les plateformes de dessins animés. « C’est un truc qui est fait pour les petits, il y a là le ‘0+’, montre-t-elle sur sa télévision (voir l’image ci-dessous). Eux, en tout cas, ils justifient qu’il y a des choses qui peuvent être à partir de zéro, donc dès la naissance« .

Capture TF1

Depuis la crise du Covid, l’addiction aux écrans est banale chez les enfants et les ados. Désormais, elle touche aussi les tout-petits, dès le berceau. Pourtant, la surexposition peut entraîner de graves problèmes intellectuels et cognitifs : « Les écrans vont engendrer des symptômes qui vont ressembler à l’autisme. Ils ne vous regardent pas dans les yeux. Ils ont ce qu’on appelle un intérêt restreint que pour les écrans qui les ont toujours calmés, toujours occupés. Ils ne vont pas parler. Ils ne vont pas comprendre le monde qui les entoure », expose le docteur Sylvie Dieu-Osika, une pédiatre spécialisée dans la surexposition des enfants.

C’est le cas des deux fils de Stéphanie, maman solo qui réside dans l’est de la France. Quand ils étaient bébés, faute de place en crèche, elle s’est retrouvée seule avec eux à la maison. Auto-entrepreneuse, elle essayait de faire du télétravail, et les écrans ont servi de nounou. « Je m’en veux terriblement puisque si j’avais su, vraiment dès le départ, il n’y aurait jamais eu de télé à la maison« , dit-elle. Aujourd’hui âgés de deux ans et demi et trois ans et demi, les deux frères ne parlent pas et interagissent peu. « J’essaye en permanence de capter son regard et c’est quand il le veut. C’est très dur puisque la première chose que j’attends, comme toute maman, c’est est-ce qu’il va me dire maman ? On attend ce ‘maman’, mais il ne vient pas », confie-t-elle. 

Au-delà des retards de développement, l’abus d’écran peut poser un autre problème de santé. « Les écrans abîment les yeux des bébés. Très clairement, ça rend plus myope parce qu’on se retrouve très proche. L’œil de l’enfant est immature jusqu’à peu près de l’âge de 10 ans. Donc, on va se retrouver probablement aussi avec des maladies de la rétine », souligne le docteur Sylvie Dieu-Osika.

Seul l’arrêt total des écrans permet de savoir si les retards de développement des enfants concernés sont liés à l’autisme ou à cette surexposition. Après six mois de sevrage, la pédiatre écarte la piste de l’autisme chez un enfant sur trois. Regradez ce reportage de « Sept à Huit » en intégralité dans la vidéo en tête de cet article.

Emma ALLAMAND | Reportage « Sept à Huit » : Élodie PALYSWIT et ses équipes

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