Auditionné par la commission d’enquête sénatoriale, le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a fait part ce mercredi 16 septembre de ses « profonds regrets » sur le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire et a reconnu des « failles » de la municipalité, qui a pu « manquer de transparence ». Ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, à qui il a succédé, Emmanuel Grégoire a cependant réfuté tout manquement aux « obligations légales » de recrutement.
« Je tiens à vous dire mes plus profonds regrets. Personnels, d’abord, ceux de la ville de Paris aussi, […] pour ce qu’il s’est passé dans le périscolaire à Paris. […] Je sais et j’entends le désarroi, la colère, l’inquiétude, la confiance entamée envers le système périscolaire », a déclaré l’édile.
Durant son audition, Emmanuel Grégoire a reconnu des « limites » dans le fonctionnement de la mairie de Paris face aux signalements des parents des victimes. « L’étude des cas a posteriori montre que la remontée d’information n’a pas toujours fonctionné: manque dans la culture du signalement, culture de l’oralité, défaut de repérage des signaux faibles… », a énuméré le maire de Paris. Et de souligner: « la ville a pu manquer de transparence ».
« Failles collectives »
Le maire a également partagé le constat d’Anne Hidalgo, formulé la veille. « Oui, il y a des failles collectives dans le dysfonctionnement, dans le manque de transparence, dans le manque d’application des procédures », a reconnu le maire, qui a également assuré éprouver « un sentiment de gravité, de tristesse et de culpabilité par rapport à ce qui se passe et par rapport à ce qui s’est passé ».
Cependant, il assure que la ville « n’a jamais été prise en défaut sur le respect des obligations légales de recrutement [d’animateurs, NDLR] que lui impose le législateur ».
« On dit: ‘vous avez recruté n’importe qui, vous avez recruté des pédophiles’ […]. La réponse est non », a insisté le maire de Paris.
« Explosion du nombre de signalements »
Il a par ailleurs défendu les « mesures spectaculaires » qu’il a prises depuis sa prise de fonctions à la mairie, notamment un plan d’action à 20 millions d’euros sur les violences sexuelles dans le périscolaire engagé en avril.
Au 31 août 2026, 195 animateurs du périscolaire ont été suspendus, dont 74 pour « violences sexuelles sur mineurs », a indiqué le maire de Paris. « Cette explosion du nombre de signalements traduit, je l’espère, une libération de la parole, une culture du signalement et une meilleure efficacité des procédures et des remontées des cas », a déclaré l’édile.
Article original publié sur BFMTV.com



