Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul
En Israël, on peut dire que la signature de cet accord tripartite par la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite prend les contours d’un cauchemar stratégique. Qualifiée par Ankara d’équivalent des principes de défense collective de l’Otan, cette alliance militaire engage la Turquie, l’Arabie saoudite et surtout le Pakistan — la seule puissance nucléaire du monde musulman — à une assistance mutuelle automatique.
Dans la foulée, le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif a enfoncé le clou en qualifiant Israël d’État « illégitime » et en appelant le monde musulman à former un « front militaire uni » contre lui.
Tel-Aviv redoute un isolement régional
La menace est considérée comme d’autant plus grande par Israël que ce bloc ambitionne désormais de coopter l’Égypte et d’ouvrir des passerelles avec l’Iran.
En voyant se structurer à ses portes une coalition armée d’une telle ampleur, Israël redoute de voir s’effondrer des acquis diplomatiques tels que les accords d’Abraham, signés à partir de 2020 par Israël avec plusieurs États musulmans (Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc, Soudan et Kazakhstan, entre autres) et de se retrouver piégé dans un isolement régional sans précédent.
À lire aussiCe que l’on sait du pacte de défense signé entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie




