dimanche, août 9

S’exprimant au côté de son homologue serbe, Aleksandar Vučić, lors de sa première visite officielle à Belgrade, le dirigeant ukrainien a indiqué que son pays, confronté à des salves quasi quotidiennes de drones et de missiles russes contre ses infrastructures énergétiques depuis le début de l’invasion russe en février 2022, n’a « quasiment plus aucune centrale thermique intacte », à quelques mois du prochain hiver. « Les missiles russes visent précisément à rendre la vie des Ukrainiens insupportable », s’est inquiété M. Zelensky devant des journalistes.

Les dernières attaques de Moscou, combinées aux bombardements des localités de première ligne, ont fait au total 13 morts durant les dernières 24 heures. Parmi elles, « trois personnes » tuées la nuit dernière « à Pukhivka, près de Kiev, lors de frappes de drones – un grand-père, une grand-mère et leur petit-fils » qui n’avait « que trois ans », a indiqué M. Zelensky sur X. Une frappe impliquant « six missiles balistiques contre des infrastructures civiles à Kiev » a également fait « un mort », selon M. Zelensky.

Cette intensification des frappes russes intervient alors que la Russie a annoncé, jeudi 6 août, avoir abattu dans la nuit 605 drones ukrainiens au-dessus d’une vingtaine de ses régions et de la péninsule de Crimée. « Au cours de la nuit écoulée (…), les systèmes de défense aérienne ont intercepté et détruit 605 drones aériens ukrainiens », avait indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué, en précisant que les attaques ont notamment visé la région de Tver où un centre logistique de Wildberries, géant de l’e-commerce russe. Vendredi 7 août, un incendie s’est déclaré dans un centre logistique du géant russe de l’e-commerce Wildberries à Ekaterinbourg, dans l’Oural, après une nouvelle attaque contre des entrepôts de cette compagnie, dans le viseur des drones ukrainiens depuis mi-juillet.

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« Nous n’avons pas discuté de coopération militaire aujourd’hui »

Belgrade soutiendra l’indépendance de ⁠l’Ukraine et souhaite ​améliorer la coopération économique avec elle, a déclaré ce samedi le président Aleksandar Vučić, qui s’est toutefois abstenu de tout engagement sur des sanctions contre la Russie, alliée de longue date de la Serbie.

La Serbie reste l’un des seuls pays européens à ne pas sanctionner Moscou, allié de longue date de Belgrade. M. Vucic, dont le gouvernement continue de fournir une aide non militaire à l’Ukraine, a indiqué que la politique de son gouvernement n’avait pas changé. « Nous n’avons pas discuté de coopération militaire aujourd’hui ni pour le moment. Ce qui se passera lorsque la guerre sera terminée est une autre question », a-t-il déclaré.

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Après avoir rencontré M. Vucic, Volodymyr Zelensky a renouvelé ses appels à des sanctions plus strictes envers Moscou, notamment pour empêcher l’acheminement de pièces de missiles vers la Russie en provenance « de presque tous les continents, y compris de la part de nos partenaires proches ». « Ces composants arrivent, puis les missiles frappent des personnes, tuant des enfants, des civils et des soldats », a-t-il déploré, insistant sur le fait qu’un meilleur accès aux missiles intercepteurs était nécessaire face à l’intensification des frappes russes à longue portée.

M. Zelensky, qui multiplie les voyages à l’étranger pour solliciter les soutiens, ne s’était jamais rendu en Serbie depuis son élection à la tête de l’État ukrainien en 2019. Un haut responsable ukrainien avait déclaré jeudi à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat, que l’objectif de Kiev était de « détacher les Serbes du camp de la Russie » et que ce déplacement de M. Zelensky était une « gifle pour les Russes ».

Le renseignement extérieur russe avait accusé en mai 2025 les entreprises d’armement serbes de vendre des munitions à l’Ukraine, via des pays tiers, « en dépit de la « neutralité » officielle de Belgrade ». M. Vucic avait alors promis qu’il allait ordonner que les contrats ne soient pas exécutés « quand il y a un soupçon sur le destinataire final », puis assuré que la Serbie avait arrêté toutes ses exportations d’armes, de munitions et de matériel militaire.

Kiev manque cruellement de munitions. M. Zelensky s’est rendu fin juillet à Washington pour rencontrer Donald Trump afin de tenter d’obtenir des missiles Patriot, les seuls capables d’abattre les missiles russes les plus performants. D’après le Financial Times, le président américain a refusé la demande du fait de la pénurie de Patriot dans les stocks américains depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Récemment, M. Trump a cependant donné son accord à de nouvelles sanctions contre Moscou, longtemps bloquées par la Maison Blanche et votées vendredi soir par le Sénat. Ces mesures ciblent notamment le secteur des hydrocarbures russes, y compris par des droits de douane sur les pays qui en importent comme la Chine et l’Inde.

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