samedi, octobre 10

  • Un Indien de 29 ans a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle ce vendredi.
  • Il avait dirigé un groupe masculiniste de discussions en ligne où des jeunes filles, pour la plupart mineures, étaient contraintes à des actes sexuels.
  • Elles étaient également poussées à se mutiler et à se torturer.

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Vingt ans de réclusion criminelle. C’est la peine dont a écopé ce vendredi à Paris un Indien pour avoir dirigé un groupe masculiniste de discussions en ligne où des jeunes filles étaient contraintes à des actes sexuels. La plupart d’entre elles, mineures, étaient poussées à se mutiler et à se torturer. Dans cette affaire d’un type inédit pour la justice française et au terme de cinq jours de débats à huis clos, la cour d’assises de Paris a condamné l’homme de 29 ans pour une série de crimes et délits, notamment pour extorsion en bande organisée avec comme circonstances aggravantes des actes de torture et de barbarie commis en particulier sur des mineures. 

L’enquête avait dressé le portrait d’un admirateur nihiliste du nazisme, adepte assumé du sadisme et de l’ultraviolence macabre. Surtout américaines, le nombre de victimes va bien au-delà des six, aujourd’hui âgées de 18 à 21 ans, qui se sont portées parties civiles. Une vingtaine ont été identifiées, d’autres n’ont pu l’être. Elles étaient pour la plupart mineures au moment des faits, souvent âgées de moins de 15 ans. 

Des victimes souvent vulnérables

Selon l’enquête, toutes sont tombées entre les griffes de ce groupe d’hommes jeunes, indiens, allemands, néo-zélandais, américains, pétris de nihilisme, de racisme et d’antisémitisme, d’esthétique nazie, de valeurs ultraconservatrices, de haine contre les féministes et la communauté LGBT+. Ce groupe baptisé « CVLT » ou « Cult », actif sur la plateforme Discord, s’était agrégé durant la pandémie de Covid et l’homme, âgé de 29 ans, en était le leader. 

Venu en France étudier dans une école de commerce d’Antibes (sud-est) avant de devenir coach sportif, il est dépeint par l’enquête comme le « donneur d’ordre principal » sur les vidéos. Les victimes étaient souvent vulnérables, repérées sur des forums de discussion en ligne. Le piège se refermait quand elles se laissaient convaincre d’envoyer des photos dénudées. Elles étaient alors menacées d’une diffusion à leur entourage familial, amical ou scolaire (« doxing »). Autre moyen de pression, le « swatting », le chantage d’une dénonciation calomnieuse pour déclencher une intervention des forces de l’ordre chez elles. 

L’affaire avait été déclenchée en novembre 2020 par un signalement du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) : cette organisation américaine de protection de l’enfance avait découvert sur le web des images d’une enfant de 12 ans torse dénudé, qu’un interlocuteur incitait à se scarifier en gravant sur son corps le nom de l’homme. À l’issue de sa peine, ce dernier devra quitter la France. Les États-Unis le réclament pour le juger à leur tour.

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