vendredi, octobre 9

  • Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ces derniers jours montraient des adolescents reprenant des paroles d’un titre de rap, faisant référence à des attentats.
  • BORO700, l’auteur de cette chanson nommée « M*R*H », pour Mohamed Merah, sera jugé pour « apologie du terrorisme » le 21 octobre à Paris, annonce le parquet ce vendredi.
  • Il y mentionne aussi le djihadiste Salah Abdeslam, impliqué dans les attentats du 13 novembre 2015.

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Depuis plusieurs jours, les vidéos de plusieurs adolescents entonnant ses paroles avaient déclenché l’émoi. Le rappeur BORO700 sera jugé pour « apologie du terrorisme » le 21 octobre à Paris, pour une chanson mentionnant les attaques djihadistes de Mohamed Merah et Salah Abdeslam, a indiqué vendredi 9 octobre le parquet, sollicité par l’AFP.

Ces poursuites, engagées par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), vaudront à ce rappeur d’être jugé pour « apologie du terrorisme », « apologie de crime contre l’humanité » et « menace de mort sous condition », précise le ministère public, confirmant une information de RTL. L’enquête du PNLH a été ouverte pour « apologie publique d’un acte de terrorisme commise au moyen d’un service de communication au public en ligne ». 

Le rappeur condamne « fermement toute forme d’apologie du terrorisme »

Ces investigations ont été lancées après la diffusion sur les réseaux sociaux depuis lundi de vidéos montrant des adolescents chanter « le morceau « M*R*H » (pour Mohamed Merah) » du rappeur BORO700, en plein mouvement de contestation lycéen (nouvelle fenêtre). Le parquet de Paris cite notamment les paroles « À la Mohamed Merah, vesqui (esquive) les caméras ». Ce dernier avait assassiné un enseignant et trois enfants d’une école juive à Toulouse en mars 2012. 

Dans la chanson, BORO700 évoque également le Bataclan, ajoutant « allongez-vous, je vais en shooter à l’œil », ou encore « allumer sept terrasses, on est dans les tranchées ». Un peu plus tard dans le titre, il répète : « Bataclan, je l’ai shooté à l’œil, chasse à l’homme, Salah Abdeslam », en référence au jihadiste condamné pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015 (nouvelle fenêtre), dernier membre en vie du commando terroriste.

Le rappeur, dont les écoutes sur les plateformes sont très loin des gros vendeurs, tient aussi dans ce titre des propos vulgaires et insultants à l’égard du maire de Nice UDR Eric Ciotti, et de son prédécesseur Horizons Christian Estrosi. Début août, l’édile avait annoncé sur le réseau X (nouvelle fenêtre) saisir le procureur de la République, estimant que l’artiste avait « dépassé toutes les limites morales ». Le ministère public a également relevé dans cette chanson des propos faisant référence à l’Allemagne nazie (nouvelle fenêtre) : « Dis à ton rappeur de me laisser faire, malheur à lui s’il veut pas coopérer, gros, j’lui ferai une Adolf Hitler ».

De son côté, le manager du rappeur a rejeté ces mises en cause, affirmant que les « accusations d’apologie du terrorisme ne doivent pas être transformées en faits établis ». « BORO700, son équipe et moi-même condamnons fermement toute forme d’apologie ou de glorification du terrorisme, ainsi que toute forme de violence et de haine », a-t-il réagi dans un communiqué. 

Si le clip du titre est toujours en ligne sur la plateforme YouTube, montrant un le rappeur en cagoule blanche, la chanson a en revanche été retirée des plateformes d’écoute Spotify et Deezer, selon franceinfo (nouvelle fenêtre). Selon nos recherches, elle n’est en effet plus accessible sur ces applications, tout comme sur Apple Music. 

Plusieurs enquêtes ouvertes contre des adolescents reprenant les paroles

Par ailleurs, plusieurs adolescents sont également poursuivis dans plusieurs communes à travers la France, pour avoir repris ces paroles dans des vidéos relayées sur les réseaux sociaux. Trois mineurs ont ainsi été placés en garde à vue mercredi à Orléans dans le cadre d’une enquête préliminaire pour apologie du terrorisme (nouvelle fenêtre), après la diffusion d’une séquence de ce type, tournée dans un lycée lors des manifestations lycéennes des derniers jours. Lundi, l’eurodéputé RN Matthieu Valet avait également diffusé la vidéo sur X et déclaré qu’il signalait « immédiatement » les faits au procureur de la République.

Une autre enquête a par ailleurs été ouverte en Vendée, après la publication mardi sur les réseaux sociaux d’une vidéo où des adolescents entonnent cette chanson dans une église à Soullans. Les mis en cause sont âgés « autour de 13 ans », selon les premiers éléments de l’enquête. Le diocèse de Luçon a dénoncé une « atteinte grave à un lieu de culte ». De son côté, le manager du rappeur a fait savoir que « les actes commis par certains jeunes ne représentent ni les valeurs de BORO700, ni celles de son équipe ».

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