- Quatre ans après le sabotage des gazoducs germano-russes Nord Stream, un officier ukrainien comparaît depuis ce mercredi 14 octobre à Cologne, en Allemagne.
- Poursuivi pour « crime de guerre », il est le premier accusé à être jugé dans cette affaire aux lourdes ramifications géopolitiques.
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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année
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Le procès d’un officier ukrainien, premier accusé à être jugé pour le sabotage des gazoducs germano-russes Nord Stream (nouvelle fenêtre), s’est ouvert, mercredi 14 octobre, à Hambourg, en Allemagne. Jamais revendiquée et longtemps entourée de mystère, cette opération en mer Baltique, au large de l’île danoise de Bornholm, est survenue sept mois après l’invasion russe de l’Ukraine (nouvelle fenêtre). Serguiï Kuznietsov, ex-commandant de l’armée ukrainienne, est accusé par le parquet fédéral allemand d’« avoir élaboré avec d’autres militaires à la demande des autorités ukrainiennes un plan en vue de détruire les gazoducs. »
Né en 1976, cet officier ukrainien est un ancien agent du service de sécurité d’Ukraine (SBU) et des forces d’opérations spéciales, selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel
. Arrêté le 21 août 2025 en Italie, où il passait ses vacances avec sa famille, ce père de quatre enfants a été extradé le mois suivant en Allemagne. Les enquêteurs allemands pensent qu’il dirigeait un commando composé de plongeurs professionnels, d’un artificier et d’un skipper chargé de mener l’opération contre les gazoducs.
Le groupe aurait ensuite acheminé un puissant explosif militaire jusqu’aux abords de l’île danoise de Bornholm, où des charges à retardement auraient été fixées sur les gazoducs. Au moment de l’attaque, le 26 septembre 2022, les deux gazoducs étaient à l’arrêt. Le tribunal de Hambourg a, pour le moment, programmé des audiences jusqu’en février. Si le suspect est reconnu coupable, il risque plusieurs années de prison.
Un second suspect présumé en détention
Depuis fin août, un second suspect présumé se trouve également en détention, l’un des plongeurs ayant participé au sabotage, un Ukrainien dénommé Vladimir Z. Arrêté dans un hôtel de Pula (nouvelle fenêtre), en Croatie, il a fait l’objet d’une décision d’extradition vers l’Allemagne. Son avocat a toutefois annoncé qu’il ferait appel de la décision. Ce dernier avait échappé une première fois à la justice allemande l’an passé, après qu’un juge polonais avait refusé de l’extrader, arguant qu’il avait commis un acte juste, et l’avait libéré.
Détail piquant, son arrestation est intervenue à un moment où il conseillait en plein tournage l’équipe d’un film hollywoodien inspiré du sabotage, dans lequel Adrien Brody, l’acteur oscarisé pour The Brutalist
en 2025, joue le rôle du chef du commando.
Une affaire de sabotage qui embarrasse Berlin
Après l’explosion, de nombreuses pistes avaient été évoquées (nouvelle fenêtre), avec en toile de fond l’hypothèse d’un État commanditaire : la Russie elle-même, les États-Unis (du fait de la dépendance européenne au gaz russe) et l’Ukraine que la la justice allemande a fini par accuser en juillet 2026 (nouvelle fenêtre). Une situation délicate, car Berlin est le premier soutien militaire de Kiev et se dit régulièrement victime d’actes de sabotage et d’espionnage russes sur son sol.
Officiellement, le gouvernement allemand insiste sur la séparation des pouvoirs et ne commente pas l’affaire. De son côté, l’Ukraine dément avoir orchestré le sabotage mais n’a pas caché sa satisfaction, jugeant légitime toute attaque en mesure d’affaiblir la capacité du Kremlin à financer sa guerre. Interrogé par l’AFP sur les attentes russes, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré espérer « une procédure objective et un verdict »
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