- Le gouvernement britannique réfléchit à encadrer l’usage et la vente des lunettes connectées, rapporte le « Guardian ».
- En cause, des vidéos de femmes tournées à leur insu puis diffusées sur les réseaux sociaux.
- La ministre chargée du dossier reconnaît toutefois que ces appareils rendent service, notamment aux personnes malvoyantes.
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Faut-il interdire la vente de lunettes connectées (nouvelle fenêtre) à certains acheteurs ? Le gouvernement britannique n’écarte plus cette piste, selon le quotidien The Guardian
(nouvelle fenêtre). Mercredi 4 novembre, lors d’un débat à la Chambre des communes, l’équivalent de l’Assemblée nationale en France, la ministre chargée de la protection des personnes, Satvir Kaur, a indiqué que l’exécutif étudiait des options pour restreindre ces appareils « dans certains lieux »
et limiter leur vente « à certains utilisateurs »
.
« Les bénéfices des lunettes connectées doivent être mis en balance avec les dommages qu’elles peuvent causer »
, a-t-elle estimé, en référence à ces lunettes aux montures classiques, mais qui intègrent une caméra, des micros ou un petit écran.
Des vidéos tournées sans consentement
La députée libérale-démocrate Anna Sabine, à l’origine du débat, s’en inquiète : « Des femmes racontent s’être réveillées après une soirée pour découvrir que des vidéos d’elles étaient devenues virales en ligne, filmées à leur insu et sans leur consentement par des hommes portant des lunettes connectées. »
Elle relève que les publicités vantent justement la possibilité de « filmer discrètement »
. Selon elle, ces appareils menacent « la sécurité et la vie privée dans l’espace public »
et soulèvent « des questions vraiment importantes sur le consentement »
. L’élue souhaite que le Parlement n’attende pas « qu’il soit trop tard »
pour légiférer.
La ministre a rappelé que filmer avec ces lunettes peut déjà être illégal dans certains lieux, comme les tribunaux, où les caméras sont interdites. Le service public de santé anglais (NHS England) et le ministère de l’Éducation se penchent aussi sur ces objets connectés.
Satvir Kaur a cependant rappelé qu’ils peuvent être « extrêmement utiles »
. « Pour les personnes malvoyantes, par exemple, les lunettes connectées ont changé la donne en les aidant à se repérer »
, a-t-elle expliqué. Au pays de Galles, un élu du parti Reform UK, dirigé par Nigel Farage, Jason O’Connell, s’en est même servi en octobre (nouvelle fenêtre) pour lire un discours au Parlement gallois, grâce à un écran intégré qui affiche le texte. Il a expliqué à la BBC vouloir éviter de garder la tête baissée sur ses notes.
Interrogé par le Guardian
, le groupe Meta (Facebook et Instagram), qui commercialise ce type de lunettes, assure qu’elles ont été « conçues pour être remarquées »
. Chaque paire équipée d’une caméra dispose d’un voyant lumineux qui clignote lors d’une photo ou d’une vidéo, explique un porte-parole du géant américain. Ce voyant ne peut pas être désactivé et la caméra se bloque si quelqu’un le masque ou le trafique.

