samedi, mai 9

  • Jean-Luc Mélenchon, qui a annoncé dimanche sa quatrième candidature à l’élection présidentielle, était l’invité exclusif de LCI ce vendredi 8 mai.
  • En direct de Marseille, le leader de La France insoumise a répondu aux questions d’Amélie Carrouër pendant près d’1h30.
  • Moyen-Orient, États-Unis, Chine, Algérie… Voici ce qu’il faut retenir de l’interview de Jean-Luc Mélenchon.

Une longue interview, principalement consacrée aux thématiques internationales. Moins d’une semaine après avoir annoncé sur TF1 sa candidature à l’élection présidentielle 2027, Jean-Luc Mélenchon a accordé un entretien à LCI en direct de Marseille. Durant près d’1h30, le leader de La France insoumise a répondu aux questions de notre journaliste Amélie Carrouër, notamment sur les tensions géopolitiques actuelles. Du Moyen-Orient à la Chine, en passant par les relations avec les États-Unis ou l’Algérie, voici l’essentiel à retenir de cette interview exclusive à revoir en replay en tête de cet article.

La guerre au Moyen-Orient

Interrogé en premier lieu sur la guerre au Moyen-Orient, le leader de La France insoumise a dénoncé l’offensive américano-israélienne sur l’Iran « sans aucun mandat international ». « Notre intérêt est le droit international », a affirmé Jean-Luc Mélenchon car « il y a un grand inconvénient à la loi du plus fort : nous ne sommes pas les plus forts ». Il a aussi pointé les objectifs des États-Unis et d’Israël, qui « ne sont pas ceux que l’on affiche ». « Par conséquent, il se joue de manière imprévue une bataille qui va sans doute changer durablement le cours des événements dans le monde », a-t-il répondu, l’air grave.

Déclarant « penser beaucoup de mal » du régime iranien, Jean-Luc Mélenchon a ensuite insisté sur la nécessité d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. « Je ne crois pas que le monde serait plus stable et mieux fréquentable avec plus de pays qui ont les armes nucléaires », a ajouté l’homme politique de 74 ans, favorable au désarmement nucléaire.

Interrogé sur le pays le plus dangereux de la région, le leader de La France insoumise a répondu « Israël, aujourd’hui, sans aucun doute ». « C’est Israël qui attaque tous ses voisins, qui déclenche la guerre et qui fait un génocide », a accusé Jean-Luc Mélenchon, ciblant « le gouvernement de Monsieur Netanyahou« 

La relation avec les États-Unis et l’Otan

Le leader de La France insoumise a en outre dénoncé la position d’Emmanuel Macron à l’égard de Donald Trump, affirmant que lui-même aurait constitué « un front du refus » à la guerre avec d’autres pays s’il était président. « Comme je suis candidat à la fonction et que la fonction prévoit d’être le chef des armées, donc responsable de cette situation, ce n’est pas la ligne que j’appliquerais », a assuré le déjà triple candidat à l’Élysée sur LCI. « J’essaierais de faire en sorte que ceux qui ont décidé tout seul, et en violation du droit international, une intervention sur un pays, de les faire reculer ».

Jean-Luc Mélenchon déplore surtout le « en même temps » du président français. « Il dit des choses aimables ou désagréables pour Monsieur Trump et en même temps il dit qu’il faut cesser et débloquer le détroit d’Ormuz, mais il en rend responsables les Iraniens. Tout cela ne tient pas debout », a-t-il critiqué.

À propos d’une éventuelle relation avec Donald Trump s’il accède au pouvoir, Jean-Luc Mélenchon a assuré ne « traiter personne en ennemi ». « Les États-Unis d’Amérique sont un partenaire depuis longtemps. On reste en relation, mais on se met à distance de leur organisation militaire », a-t-il ensuite développé, plaidant pour une « indépendance absolue » en termes de logiciels ou d’équipements.

« L’Otan, cela ne sert à rien, autant le quitter. Cela ne sert qu’à nous mettre sous tutelle nord-américaine, c’est tout », a ensuite clamé Jean-Luc Mélenchon. Il se dit en faveur d’une sortie progressive et d’abord du commandement unifié, affirmant s’inscrire dans une tradition gaullienne sur ce point.

La Chine et Taïwan

L’interview s’est ensuite déplacée sur un autre point de tension de la géopolitique mondiale. Jean-Luc Mélenchon a répondu par l’affirmative quand Amélie Carrouër lui a demandé si Taïwan faisait partie de la Chine. Quelle sera sa stratégie en cas d’intervention de Pékin ? « Nous ne nous en mêlerons pas. Si je suis le président de la République, nous ne ferons jamais la guerre à la Chine », a rétorqué l’ancien ministre, mettant en avant une position défavorable dans un éventuel rapport de force en cas de guerre. Il a toutefois reconnu sans ciller que « la Chine est une dictature », ce qui n’empêche pas des accords, notamment dans le domaine spatial. 

Les relations avec l’Algérie et la libération de Christophe Gleizes

Dans un communiqué, l’Élysée a annoncé vendredi 8 mai un retour de l’ambassadeur français en Algérie afin de « restaurer un dialogue efficace » avec l’Algérie. Une démarche saluée à demi-mot par Jean-Luc Mélenchon. « Je ne vais quand même pas saluer des gens qui ont fichu une pagaille sur le sujet. Mais oui, j’approuve cette orientation et je la trouve plus intelligente, plus réaliste que celle de Monsieur Retailleau qui a envie de recommencer la guerre d’Algérie », a-t-il déclaré, évoquant même « des nostalgies idéologiques » et « une mentalité coloniale » chez certains.

Le fondateur de LFI a plaidé pour un apaisement des relations avec Alger et il s’est adressé au dirigeant algérien Abdelmadjid Tebboune. « Président, maintenant vous avez dans vos mains la libération du journaliste Christophe Gleizes », après que celui-ci a renoncé à son pourvoi en cassation afin d’obtenir une grâce présidentielle. 

La privatisation de TotalEnergies

Pour terminer, Amélie Carrouër a interrogé le fondateur de La France insoumise sur la flambée des prix des carburants, conséquence de la situation géopolitique. Celui-ci a de nouveau critiqué les surprofits dégagés par TotalEnergies et son PDG. « Monsieur Pouyanné, votre devoir de Français est de venir à la rescousse de vos compatriotes », a affirmé Jean-Luc Mélenchon, avant de critiquer la privatisation de l’entreprise dans les années 1990. « C’était une bêtise, parce que Total, c’est beaucoup d’argent : 19 milliards l’année dernière (…) 15 milliards l’année d’avant, tout cela devrait être dans les caisses de l’État si on n’avait pas privatisé », a-t-il conclu.

Victor GAUTIER

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