mercredi, juillet 29

L’annonce est arrivée mardi 28 juillet d’une sénatrice républicaine, Susan Collins, cheffe de la puissante commission budgétaire américaine : les 600 millions de dollars de financement destinés à l’Alliance mondiale du vaccin (Gavi), prévus pour les années 2025 et 2026 mais gelés en juin 2025 par Robert F. Kennedy, vont bien être versés. En juin 2026, déjà, le secrétaire d’État Marco Rubio avait annoncé que son ministère reprendrait le contrôle des relations entre Washington et Gavi.

Le vaccinosceptique Robert F. Kennedy a-t-il fini par pousser à bout les membres de l’administration Trump ? Marco Rubio assure que le département d’État ne lui retire pas le dossier Gavi et que l’opinion du ministre de la Santé sera toujours écoutée. Mais il le rappelle aussi : la relation qu’entretiennent les États-Unis avec l’Alliance mondiale du vaccin est une prérogative du département d’État, qui a toujours supervisé son financement – Washington apporte un quart de son budget.

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« Les preuves sont absolument accablantes : il n’y a aucun lien entre vaccins et autisme »

Robert F. Kennedy avait accusé l’organisation d’avoir « négligé la question essentielle » de la sécurité des vaccins et déclaré que le pays ne contribuerait « pas davantage » tant que l’alliance n’aurait pas regagné la « confiance du public ». Il voulait, en gelant son financement, faire pression sur Gavi sur un point précis : l’élimination dans les vaccins de l’Alliance du thimérosal, un conservateur qui, selon lui, peut provoquer l’autisme.

Cette thèse a pourtant été maintes fois démentie. Le thimérosal est même considéré comme sûr par l’agence fédérale de santé publique des États-Unis. « Les preuves scientifiques sont absolument accablantes : il n’y a aucun lien entre les vaccins et l’autisme. L’autisme trouve son origine dans le développement précoce du cerveau fœtal, bien avant que les enfants ne soient exposés aux vaccins », explique le docteur et vaccinologue Peter Hotez.

La direction de Gavi a approuvé une élimination progressive du thimérosal dans ses vaccins. Une solution qui coûte cher, poursuit Peter Hotez, auteur d’un ouvrage dans lequel il explique que les vaccins ne sont pas responsables de l’autisme de sa fille : « Le thimérosal freine la multiplication bactérienne. En utilisant plusieurs aiguilles sur le même flacon, on risque d’y introduire des bactéries. C’est pourquoi on ajoute du thimérosal. Sa suppression supose donc de devoir passer à des flacons unidoses, ce qui est beaucoup plus coûteux. Cela réduit les ressources dont dispose Gavi et le nombre d’enfants qu’elle peut vacciner. »

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Alors que l’administration Trump a drastiquement réduit l’aide internationale, un groupe bipartisan influent au Congrès avait désavoué le ministre et insisté pour débloquer les 600 millions de dollars avant le 30 septembre 2026 , date à laquelle les fonds expireront. Pour la sénatrice républicaine Susan Collins, l’enjeu est de stopper les épidémies avant qu’elles n’atteignent les frontières des États-Unis.

L’Alliance pour les vaccins Gavi fournit des vaccins contre une vingtaine de maladies, dont la rougeole, le paludisme et la poliomyélite. On estime qu’en 25 ans, elle aurait évite plus de 20 millions de décès potentiels.

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