- Huit romans figurent sur la deuxième liste de candidats au Prix Goncourt 2026, dévoilée ce mardi.
- Accusé d’avoir eu recours à l’IA pour écrire son roman « C’était ça ou mourir », l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien en avait été exclu il y a quelques jours.
- Une polémique qui pourrait s’inviter dans les débats des membres de l’Académie qui départageront les quatre finalistes le 3 novembre prochain.
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Une édition qui restera dans les annales, quoi qu’il arrive. L’Académie Goncourt a dévoilé ce mardi sa deuxième liste de candidats à l’édition 2026 de la plus prestigieuse récompense littéraire française, quelques jours après en avoir évincé à l’avance l’auteur canado-haïtien Thélyson Aurélien, accusé d’avoir écrit le best-seller C’était ça ou mourir
avec l’aide de l’intelligence artificielle, mais aussi d’avoir plagié plusieurs textes au début de sa carrière.
Des seize auteurs dans la première liste révélée le 3 septembre, ils ne sont désormais plus que huit : Boris Bergmann avec Minotaure
(Albin Michel), Sonia Devillers avec Le Fabuleux piano
(Robert Laffont), Anne Godard avec Nous aussi
(Actes Sud), Yannick Haenel avec La solitude des professeurs est infinie
(Gallimard), Philippe Jaenada avec L’inconnue du Quai de Javel
(Flammarion), Clémentine Mélois avec Choses que je croyais perdues
(L’Arbalète/Gallimard), Sylvain Prudhomme avec De l’autre côté du lac
(Minuit) et Olivier Rolin avec La Guerre éternelle
(Gallimard).
Le 21 septembre dernier, quelques heures après avoir obtenu le Prix roman Fnac 2026, Thélyson Orélien a été accusé par un compte X derrière lequel se cachait l’essayiste Samuel Fitoussi d’avoir utilisé l’IA pour écrire C’était ça ou mourir
, une fiction relatant le parcours d’un professeur qui fuit Haïti et franchit une multitude de frontières et autant d’obstacles jusqu’au Canada. Salué par la critique, le livre s’était alors déjà vendu à plus de 35.000 exemplaires.
Mis en cause par une analyse du logiciel américain Pangram, l’auteur de 38 ans assurait alors avoir écrit lui-même ce texte, librement inspiré de sa propre histoire, et dénonçait une volonté de le « faire taire »
. De son côté, son éditeur Grasset s’en prenait aux « fake news »
et avançait une « théorie du complot »
visant l’une des dernières signatures de l’éditeur Olivier Nora, avant son limogeage retentissant par Vincent Bolloré au printemps.
Les jurés du Goncourt divisés par l’affaire ?
Depuis, le quotidien québécois La Presse
a découvert que Thélyson Orélien était l’auteur de nombreux plagiats au début des années 2010, d’articles de presse mais aussi de poésies, ce dont il ne s’est pas défendu jusqu’ici. Mettant un terme à sa tournée promo en France, il est rentré au Québec. Mais son livre continue de se vendre comme des petits pains dans l’Hexagone, tout en suscitant de vifs débats dans la presse et sur les réseaux sociaux.
Par la voix de son président, l’écrivain Philippe Claudel, l’Académie Goncourt avait dans un premier temps appelé à « la prudence »
, refusant de « jeter en pâture »
l’auteur de C’était ça ou mourir…
avant de l’exclure quelques jours plus tard, estimant sa crédibilité entamée par les accusations de plagiat. Une décision qui n’a pas été prise à l’unanimité, l’écrivain Pascal Bruckner prenant la défense de l’auteur dans une tribune au Point
, se demandant si l’IA n’était pas « la vraie plagiaire ».
Ces débats viendront-ils parasiter la désignation du Goncourt 2026 ? Après une ultime liste de quatre finalistes qui sera dévoilée le 27 octobre, les jurés voteront et livreront le nom de celui ou celle qui succède à Laurent Mauvignier et son roman La Maison vide
le 3 novembre prochain, depuis le restaurant Drouant dans le IIᵉ arrondissement à Paris.



