lundi, septembre 28

  • Avec au moins 14 sièges remportés dimanche, le Rassemblement national s’apprête à former un groupe au Sénat pour la première fois de son histoire.
  • S’ils gardent la mainmise sur la chambre haute du Parlement, les Républicains et leurs alliés du centre sont en recul.
  • À gauche, le PS et les Écologistes perdent des plumes tandis que les Insoumis restent en retrait.

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Le Rassemblement national prend date. En formant un groupe parlementaire au Sénat pour la première fois dimanche, le parti d’extrême droite perturbe la domination historique de la droite républicaine, un succès significatif en pleine campagne présidentielle. Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse… Avec au moins 14 sièges acquis à leur parti ou à leurs alliés de l’Union des droites pour la République (UDR), Marine Le Pen et Jordan Bardella ont rempli leur objectif avant même l’officialisation des derniers résultats de la soirée.

Même s’il passe au second plan dans l’ombre de 2027, ce scrutin indirect, reflet des élections municipales, sera analysé avec soin par les états-majors des partis, à sept mois de la présidentielle. Deux constats s’imposent notamment : l’implantation locale du RN est en nette progression, à l’image de scores parfois quintuplés par rapport au dernier scrutin en 2020. En revanche, celle de La France insoumise reste en retrait, malgré l’élection du premier élu insoumis dans le Rhône.

Le gendre de Mélenchon élu dans le Rhône

Alors qu’on le disait battu, le député LFI Gabriel Amard, par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon, a créé la surprise. « Gabriel Amard nous fait entrer au Sénat, en dépit de toutes les tentatives de barrage. Heureux augure pour 2027 », a salué le leader du mouvement sur X. Les Insoumis devraient toutefois être plus nombreux à la chambre haute en 2029, avec le renouvellement des sénateurs d’Île-de-France et du Nord.

Retailleau facilement réélu en Vendée

La mainmise des Républicains sur l’hémicycle, avec leurs alliés centristes, n’est pas bouleversée par ce renouvellement de 178 sièges sur 348, pas plus que la réélection probable de Gérard Larcher (LR) à la présidence de l’institution, programmée jeudi. Mais l’érosion de LR (131 sièges avant le vote), qui pourrait perdre une dizaine de sièges en attendant les décomptes définitifs, révèle un certain affaiblissement, alors que Bruno Retailleau – facilement réélu en Vendée – espère damer le pion aux candidats du bloc central en vue de la présidentielle.

Le Parti socialiste (65 sièges avant le scrutin) a perdu quelques plumes, dans la Creuse par exemple, mais a obtenu quelques gains, dans le Doubs et l’Hérault notamment. Les décomptes définitifs diront si le PS reste ou non la deuxième force du Sénat devant l’Union centriste (59 sièges). Quant aux Écologistes, ils ont perdu un siège en Gironde et en Alsace, conséquence logique de la bascule de Bordeaux et Strasbourg aux municipales.

Horizons, représenté par le groupe des Indépendants (20 membres), peut pour sa part légitimement croire à quelques gains, non négligeables pour la dynamique d’Édouard Philippe sur la route de l’Élysée. Alors qu’une incertitude planait sur l’avenir du groupe macroniste RDPI (19 membres), orphelin de son influent président François Patriat décédé cet été, son représentant Xavier Iacovelli a assuré qu’il se maintiendrait.

J.V. avec AFP

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