Alors qu’il laisse toujours planer le doute concernant son éventuelle candidature à la présidentielle, François Hollande était l’invité de l’émission spéciale « Face à BFM » ce mardi 15 septembre. L’ancien président de la République a fait des propositions sur le pouvoir d’achat, les retraites et la crise des carburants, se disant « au service des idées et de la France ».
• Le « vide au sommet de l’État » face à la crise des carburants
Alors que le carburant atteint des prix historiques, des tensions ont notamment éclaté ce mardi, notamment entre pêcheurs et forces de l’ordre. « Avant la colère, il y a l’inquiétude et l’interrogation; combien de temps ça va durer », a déclaré François Hollande. Face à cette colère, il faut que le gouvernement réponde. Ce n’est pas forcément trouver une solution à tout mais montrer que le gouvernement est là ».
Il souligne que si les agriculteurs, pêcheurs, transporteurs « réduisent leur activité c’est toute la chaîne de distribution et de production qui risque d’être entamée ». « Il y a d’abord une présence humaine qui est attendue une compréhension de ce qu’il se passe, une compassion. On a l’impression d’un vide au sommet de l’État ».
« Le prix des carburants monte parce qu’il y a eu une intervention militaire américaine sans perspective et cohérence. Nul ne sait quand elle va finir. Le premier devoir de la France et de l’Europe c’est de peser sur la situation internationale parce que la cause de nos difficultés est là », a ajouté l’ancien président de la République.
Pour les particuliers, François Hollande suggère d’aider plus particulièrement les gros rouleurs, qui ont besoin de leur voiture pour se rendre au travail. Il propose de leur accorder une aide, « un chèque » qui pourrait leur être remis par leur entreprise.
• Candidat à la présidentielle? François Hollande « au service » du pays
François Hollande est encore une fois resté évasif sur sa potentielle candidature à la présidentielle de 2027 alors qu’il multiplie les déplacements et sort un livre. « Je ne suis pas à la recherche d’un destin pour moi-même, je l’ai accompli mon destin, j’ai été président de la République. Je suis au service des idées et de la France », a-t-il affirmé.
« Si au mois de décembre j’estime qu’il y a un candidat ou une candidate issue des primaires du Parti socialiste, notamment, qui correspond à ce que je présente, je n’ai aucune raison de vouloir être candidat moi-même. Si je ne vois aucune solution, je serai au service de mon pays », nuance l’ancien président de la République.
• Une coalition impossible avec LFI
Il n’y a pas de coalition possible avec « des incendiaires de la dette », a assuré François Hollande, désignant ainsi La France Insoumise. Au moment de la dissolution, « il a fallu faire barrage à l’extrême droite et une coalition s’est formée, mais ce n’était pas pour gouverner ».
« Jean-Luc Mélenchon n’entend pas gouverner avec d’autres que lui, c’est pour cela qu’il ne gouvernera pas d’ailleurs. LFI est dans une position incompatible avec ce que je propose », a-t-il insisté.
• Pas « d’esprit de revanche » envers Emmanuel Macron
François Hollande regrette-t-il d’avoir fait d’Emmanuel Macron son secrétaire général adjoint à l’Élysée, puis son ministre de l’Économie? « Non parce qu’à cette époque il était sur la ligne que je représentais, il n’était pas dans l’idée d’être candidat et encore moins de mener une politique libérale ».
« Il n’est pas d’une loyauté exceptionnelle », euphémise-t-il, assurant toutefois n’éprouver « aucune rancune et aucun esprit de revanche ».
• Un « problème de pouvoir d’achat »
Avant d’avoir des hausses de prix, il y a en France un « problème de salaires » et donc « un problème de pouvoir d’achat », a assuré François Hollande sur le plateau de BFMTV. Il est notamment revenu sur sa proposition d’augmenter la TVA de quatre points pour baisser les cotisations salariales et rapprocher le salaire net du salaire brut.
L’ancien président de la République a pris l’exemple d’un salaire à 2.300 euros sur lequel sont prélevés 230 euros de cotisations salariales. Si on les supprime, cela permet de « donner 10% d’augmentation au salaire net », a-t-il indiqué.
• Des retraités qui ont du patrimoine « peuvent être amenés à contribuer davantage »
Alors qu’il est éventuellement question de faire participer les retraités à l’effort budgétaire, François Hollande s’est lui-même décrit comme un « retraité favorisé ». « Entre la retraite d’ancien président qui doit être de 5.000 euros, plus ce que j’ai comme retraite de la Cour des comptes, j’ai 10.000 euros de retraite », a-t-il dit.
« Il n’y a pas de retraités riches à part ceux qui ont des retraites complémentaires ou issues de leur propre épargne. En revanche il peut y avoir des retraités qui ont des patrimoines très importants et peuvent être amenés à contribuer davantage. »
François Hollande veut également porter l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans ce qui, selon lui, permettrait de « sauvegarder le régime de retraite par répartition ». « Selon les équilibres démographiques et l’espérance de vie il faudra peut-être ajuster et allonger la durée de cotisation », a-t-il précisé.
• Les regrets de l’ancien président
François Hollande a formulé à plusieurs reprises sur le plateau de BFMTV des regrets sur des décisions prises lorsqu’il était à l’Élysée. À commencer par la retaxation des heures supplémentaires qui a été selon lui « une erreur ».
« Il y a eu une détaxation, on pouvait la critiquer, je l’ai critiquée. Mais retaxer les heures supplémentaires, pour ceux qui travaillent, n’a pas été une bonne décision au moment où elle a été prise ». La suppression de ce dispositif était l’un de ses engagements de campagne.
François Hollande est également revenu sur l’affaire Leonarda, du nom de cette adolescente kosovar que la France avait décidé d’expulser ainsi que toute sa famille. Face à un tollé national, François Hollande, alors président, avait ensuite proposé à Leonarda de revenir en France, mais seule. « Ce n’était pas au président de la République de décider de cette question », a-t-il concédé.
Enfin, l’ancien président de la République a évoqué le projet de déchéance de nationalité pour les binationaux en France après les attentats du 13 novembre 2015. Une proposition qu’il avait par la suite abandonnée. « Quand on voit que des Français sont blessés parce que l’on fait une distinction entre eux, il faut être capable de retirer. C’est ce que j’ai fait », a-t-il déclaré.
Article original publié sur BFMTV.com



