- L’institution prévoit 0,4% de croissance dans le pays pour cette année.
- Un chiffre conforme aux prévisions de l’Insee mais pour lequel l’analyse diverge.
- Contrairement à l’Institut de la statistique, la Banque de France insiste sur la résilience de l’économie française.
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Décrochage ou pas ? La Banque de France a publié, mardi 15 septembre, sa prévision de croissance pour l’année 2026, une semaine après l’Insee. Si les deux organismes s’accordent sur le chiffre : un ralentissement à 0,4%, ils diffèrent sur le constat. Quand l’institut de la statistique pointait un « décrochage »
de l’économie française, la Banque de France souligne sa « résilience ».
« La croissance 2026 sera relativement modeste (…), mais ce n’est sûrement pas une année de décrochage de l’économie française »,
a ainsi affirmé Xavier Debrun, chef économiste de la Banque de France. « Si on me parle de décrochage, moi, je songe à une économie qui subitement part à la dérive, et où, structurellement, il y a un problème. Je ne crois pas que la structure de l’économie française ait fondamentalement changé »
par rapport au mois de juin, a-t-il assuré.
Mauvaises surprises ?
La légère révision à la baisse de la croissance 2026 tient d’abord à une croissance plus faible au premier trimestre que celle qui avait été initialement publiée, indique la Banque de France dans son rapport. Pèsent également sur l’activité « la faible progression de la consommation des ménages »
, un investissement privé « moins dynamique »
et une faible contribution du commerce extérieur.
Enfin, pour la Banque de France, les sécheresses et canicules de l’été ont eu, « pour le moment »,
un impact de 0,05 point de pourcentage sur la croissance, a indiqué mardi Xavier Debrun. Ce chiffre pourrait monter à 0,1 point sur l’année. Mais le chef économiste a tenu à souligner que l’économie française faisait surtout face à des « mauvaises surprises »
de nature conjoncturelle.
Pour les mois à venir, l’institution attend toujours un « rebond »
en 2027, avec une croissance attendue à 0,9%, une prévision inchangée par rapport aux projections publiées en juin, avant 1,2% en 2028. Ce rebond devrait être porté par les « deux moteurs » :
la consommation et le commerce extérieur, attendus de retour, à la faveur notamment d’un repli de l’inflation.
À 2,3% en 2026, l’augmentation des prix devrait repasser sous la barre des 2% l’année prochaine, à 1,9%, avant 1,6% en 2028. L’inflation est d’ailleurs « relativement plus faible en France que dans le reste de la zone euro »
, ce qui est « tout bonus pour la compétitivité »
. Cela « rend l’économie française très bien positionnée »
pour répondre à la demande mondiale attendue en hausse l’année prochaine.
Reste que ces prévisions demeurent suspendues à l’évolution de la situation au Moyen-Orient, principale source d’incertitude autour du scénario retenu par la Banque de France, qui repose sur des données arrêtées mi-août.
La rédaction de TF1info avec AFP



