- De la gestion des appels d’urgence à la détection des fuites d’eau, l’intelligence artificielle se déploie dans les administrations françaises.
- Si 80% des collectivités ont déjà un projet en la matière, cette révolution soulève aussi la question sensible de la souveraineté des données.
- Quelques exemples dans ce reportage du 20H.
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L’intelligence artificielle, cette technologie qui bouleverse nos vies
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Dans ce centre de traitement des appels du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) de l’Ain, un nouvel assistant a fait son apparition (nouvelle fenêtre) : une intelligence artificielle qui retranscrit mot pour mot chaque appel d’urgence et analyse les bruits environnants. L’objectif : ne rater aucune information parmi les 16.000 appels reçus ici chaque mois. « C’est une détection de mots-clés et d’urgence, qui complète l’opérateur. Il peut y avoir des bruits de fond, des choses qu’on n’a pas forcément comprises. L’IA, elle, va décrypter tout ça »
, explique le sergent Olivier Marcelat, chef opérateur au SDIS.
Autre fonctionnalité : la traduction en temps réel (nouvelle fenêtre)des appels reçus en anglais, en allemand, en italien ou en grec. « L’intelligence artificielle ne va pas sauver des vies, ne va pas faire le travail des sapeurs-pompiers : ça reste un travail d’humains pour les humains »
, nuance dans le reportage visible en tête d’article le lieutenant-colonel Guillaume Royer-Fey, chef du groupement pilotage et transformation numérique au SDIS 01. « Par contre, ça va nous aider à faire le métier peut-être plus efficacement, avec moins d’erreurs. »
Un exemple parmi d’autres, tant l’IA est en train de révolutionner nos administrations, au nom de services publics de meilleure qualité (nouvelle fenêtre) et, surtout, d’économies. Exemple à Eclose-Badinière, dans l’Isère, où les équipes du 20H se sont rendues : des travaux ont été planifiés grâce à une intelligence artificielle capable d’identifier les canalisations d’eau potable qui fuient et qu’il faut changer en priorité. Résultat : « En moyenne, on arrive à baisser les volumes de perte de 35 à 40% »
, assure Christian Colombel, responsable grands comptes de la société Leakmited, qui développe le dispositif.
Réduction des coûts
Pour parvenir à ce résultat, plus de 150 paramètres environnementaux sont pris en compte, comme « la nature du sol, les variations de température ou les différents niveaux de pression que l’on rencontre le long du parcours de la canalisation »
, détaille-t-il. Grâce à un supercalculateur, l’IA établit ensuite des probabilités de fuite avec une fiabilité quasi parfaite.
« Sur une année, on diagnostiquait à peu près 75 fuites par les techniques traditionnelles ; là, en trois semaines à un mois, on en a diagnostiqué 15 »
, témoigne ainsi, ravi, le président de la communauté d’agglomération Porte de l’Isère, Jean Papadopulo. Car remplacer des tuyaux coûte cher : avec l’IA, la collectivité cible ainsi plus facilement les travaux vraiment prioritaires. Le budget est donc mieux géré, grâce à un outil peu onéreux, de quelques milliers d’euros par an.
Le mouvement est général : aujourd’hui, 80% des collectivités ont un projet d’intelligence artificielle, des petites communes et leurs répondeurs jusqu’aux grandes métropoles. À Lyon, par exemple, une réflexion est en cours pour un outil capable de piloter en temps réel les feux tricolores afin de fluidifier la circulation.
Mais cette révolution comporte des risques, à commencer par la protection des données. « Aujourd’hui, l’immense majorité des données sont stockées dans des serveurs américains. On a peu de maîtrise publique sur nos datacenters, et c’est un énorme enjeu »
, alerte François Journy, fondateur du cabinet Politeia. Pour tenter de rattraper son retard en matière de souveraineté numérique, la France multiplie les projets de datacenters : au moins 48 chantiers sont actuellement en cours sur le territoire.
Aymen Amiri | Reportage TF1 : Mathilde GUENEGAN et Loïc GORGIBUS

