- Le président israélien Isaac Herzog a choisi l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot pour former le prochain gouvernement.
- Le chef de l’opposition devra réunir une majorité au Parlement.
- Benjamin Netanyahou a mis en garde contre une alliance avec les partis arabes.
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Près de deux semaines après les élections législatives du 27 octobre, la présidence israélienne a fait son choix. Isaac Herzog a invité Gadi Eisenkot à la résidence présidentielle, où il « lui confiera demain (dimanche), à 17h, la mission de former le gouvernement »
, a-t-elle annoncé samedi soir dans un communiqué. L’ancien général de 66 ans devra rallier au moins 61 députés, dans un paysage politique très fragmenté.
Gadi Eisenkot, qui dirige le bloc d’opposition à Benjamin Netanyahou, a reçu le soutien des deux partis arabes, la Liste unifiée et Raam, qui comptent 19 députés. Il n’a pas écarté de gouverner avec eux, sans exclure non plus une alliance avec les partis ultra-orthodoxes. Son parti centriste, Yashar, a aussi tendu la main samedi aux membres du Likoud, la formation de Benjamin Netanyahou, s’ils renoncent publiquement à « leur alliance avec les extrémistes »
.
Le Premier ministre sortant a répondu dans une vidéo. Selon lui, un gouvernement « dépendant des islamistes »
démantèlerait « l’État d’Israël de l’intérieur »
, comme dans certains pays européens. Ce discours reprend celui de responsables d’extrême droite occidentaux, qui affirment sans fondement que des régions d’Europe vivent sous la loi islamique. Benjamin Netanyahou a appelé à un gouvernement d’union nationale, qu’il dirigerait. Selon des médias, Isaac Herzog travaille lui aussi en coulisses à une telle union.
Un ancien chef de l’armée
Chef d’état-major de 2015 à 2019, Gadi Eisenkot a fait campagne sur un message d’unité, promettant de « rassembler à nouveau tous les Israéliens »
. Il bénéficie d’une large sympathie dans l’opinion depuis la mort de son fils Gal et de deux de ses neveux, tués lors d’opérations dans la bande de Gaza.
L’ancien général s’oppose pour l’instant à la création d’un État palestinien. Pendant la guerre de 2006 au Liban, il a participé à l’élaboration de la « doctrine de Dahiyé »
, qui repose sur des bombardements massifs de zones, y compris civiles, où se cachent des combattants ennemis. Il a promis de mettre fin au pouvoir du Hamas à Gaza « dans les dix-huit mois »
et de créer une commission nationale d’enquête sur les failles de sécurité qui ont rendu possible l’attaque du 7 octobre 2023.
Gadi Eisenkot veut aussi réduire les exemptions de service militaire accordées aux ultra-orthodoxes. Fils de juifs marocains, élevé dans un milieu modeste à Eilat, dans le sud du pays, il pourrait devenir le premier chef de gouvernement séfarade, c’est-à-dire issu des communautés juives d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

