Lors de sa déclaration finale, aux côtés du général Assimi Goïta – qui n’a, lui, pas pris la parole –, le président sénégalais a confirmé que les deux hommes avaient discuté des « questions de paix et de sécurité au niveau de la sous-région » et notamment des « voies et moyens de lutter efficacement contre le terrorisme ». Bassirou Diomaye Faye a « redit la disponibilité du Sénégal à accompagner le Mali », « pour faire face ensemble (…) » à des « menaces » qui « ne connaissent pas de frontières et se renforcent avec nos divisions ».
Le président sénégalais est également président en exercice de la Cédéao. Et ce n’est sans doute pas un hasard s’il a fait le déplacement à Bamako moins de dix jours après sa prise de fonction à la tête de l’organisation ouest-africaine. Le général Assimi Goïta n’est pas le président en exercice de l’Alliance des États du Sahel – cette fonction est actuellement tenue par le capitaine burkinabè Ibrahim Traoré –, mais il est en quelque sorte le chef de file naturel et historique de l’AES.
Les « instances régionales dont le Mali et le Sénégal sont membres »
Bassirou Diomaye Faye a appelé au renforcement de la coopération dans un cadre bilatéral, entre les deux pays, mais aussi « dans le cadre des instances régionales dont le Mali et le Sénégal sont membres », ce qui exclut de fait la Cédéao. Si Bassirou Diomaye Faye était venu plaider auprès d’Assimi Goïta pour une relance des relations entre l’AES et la Cédéao, sa formule laisse penser qu’il n’a peut-être pas réussir à le convaincre. Le mot « Cédéao » n’a, en tous cas, pas été prononcé au cours de cette allocution.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont quitté officiellement la Cédéao il y a un an et demi, en janvier 2025 – ils avaient même annoncé avec fracas leur départ à venir dès janvier 2024. Depuis, en dépit des tentatives de rapprochement de la Cédéao, pour lesquelles Bassirou Diomaye Faye avait été personnellement missionné il y a deux ans, les relations sont quasiment inexistantes. L’Union africaine tente, depuis quelques mois, de faire bouger les lignes, se présentant elle-même ainsi que la Cédéao comme des partenaires nécessaires, y compris sur le plan sécuritaire, dans la lutte contre les groupes armés. Sans véritable retour des pays de l’AES jusqu’ici.
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Uemoa et OMVS
Le président sénégalais, lors de sa prise de parole, a en revanche nommément cité l’Union monétaire ouest-africaine (Uemoa) et l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), appelant même à la convocation « dans les meilleurs délais » de sommets des chefs d’État pour « redynamiser la coopération monétaire et économique » et « la gestion de la ressource hydraulique ».
Le Mali peut « compter sur le soutien indéfectible du Sénégal », a encore martelé Bassirou Diomaye Faye, pour « relever ensemble les défis communs ».
La frontière Mali-Sénégal est devenue l’un des épicentres de l’activité des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), liés à al-Qaïda, qui mènent des attaques régulières à proximité immédiate du Sénégal et qui ont décrété un embargo sur les importations de carburant au Mali, en provenance notamment du Sénégal. Ces dernières semaines, les attaques de convoi ont largement diminué, mais de nombreux chauffeurs sénégalais ont perdu la vie au Mali ces derniers mois. Les échanges entre les deux pays sont vitaux pour Bamako, pour le quotidien et pour les activités de la population, mais aussi pour Dakar et son économie ; un quart des exportations sénégalaises sont à destination du Mali.
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