- Le président argentin sera en France à partir de ce mercredi 30 septembre.
- En quête d’investissements, Javier Milei assistera au forum « Argentina week » à Paris.
- Le chef d’État ultralibéral sera également reçu jeudi à l’Élysée par Emmanuel Macron.
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Un voyage en quête d’investissements. Le président argentin Javier Milei sera en France à partir de mercredi 30 septembre pour tenter de faire redécoller l’économie de son pays. À Paris jusqu’au 2 octobre pour le forum « Argentina week », le chef d’État ultralibéral prendra la tête d’une importante délégation d’une demi-douzaine de ministres, d’une dizaine de gouverneurs de provinces, minières notamment, et de chefs de grandes entreprises.
Son voyage comprendra une allocution jeudi à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et, le même jour, une rencontre privée à l’Élysée avec son homologue français Emmanuel Macron, selon son agenda officiel. Javier Milei doit par ailleurs se voir décerner vendredi un prix lors du Paris Economic Forum « pour la cohérence et l’ampleur du programme économique qu’il a porté comme président »
, selon un communiqué.
La France est le 7e investisseur en Argentine
L' »Argentina week » de Paris n’est que le second événement de ce type, après un précédent à New York en mars. Un égard salué de source diplomatique française, où l’on rappelle le bond de 63% des investissements directs en Argentine en 2024 (mines, énergie, agro-industrie). La France y est le 7e investisseur – et le 5e si l’on exclut les juridictions de transit, type Pays-Bas.
Même au cœur de cette Europe « en train de couler »
, qu’il critiquait encore violemment il y a quelques jours dans un entretien exclusif accordé à LCI (dans la vidéo ci-dessous), Javier Milei « a besoin de montrer que le monde ouvre sa porte à la ‘nouvelle Argentine' »
qu’il incarne, analyse pour l’AFP Federico Zapata, politologue directeur du cabinet EscenariosAR.
Javier Milei, l’interview exclusive sur LCI
L’économiste-président, qui se décrit comme « anarcho-capitaliste », aura aussi besoin de capter, ou d’annoncer, de nouveaux investissements, « même s’ils auront difficilement un impact d’ici la présidentielle d’octobre 2027. Au moins, cela aide son narratif »
, ajoute l’expert.
Industrie, emploi et consommation en souffrance
Si la stabilisation macroéconomique ne fait aucun doute, avec une maîtrise de l’inflation – ramenée de 161% sur un an à 33% -, ces trois dernières années d’austérité ont saigné industrie, emploi et consommation. La pauvreté a ainsi rebondi de quatre points au premier semestre 2026, rompant avec une tendance à la baisse et touchant désormais près d’un Argentin sur trois. D’autre part, l’économie, quoique officiellement en croissance (2% sur un an), s’est contractée de 0,6% au deuxième trimestre et de nouveau en juillet.
Si les secteurs des mines et hydrocarbures ont certes aimanté une bonne partie des quelque 50 milliards de dollars de projets d’investissements, l’industrie a perdu 90.000 emplois en trois ans en raison de l’ouverture commerciale du pays, avec des conséquences pour les partenaires de l’Argentine, dont la France.
La popularité de Milei au plus bas, avant la présidentielle en octobre 2027
Et pour Javier Milei, un risque électoral prend forme, puisque sa cote de popularité est au plus bas niveau depuis le début de sa présidence, avec une désapprobation autour de 55-60% selon les sondages. Mais le président ultralibéral bénéficie de l’absence de contre-proposition ou de leadership clairs de l’opposition péroniste (centre gauche), ainsi que du souvenir encore frais dans l’opinion d’une inflation hors de contrôle.
La venue du président argentin en France a enfin été condamnée par plusieurs syndicats (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO) affiliés à la Fédération internationale des journalistes, qui y voient « une insulte à la liberté de la presse »
, en raison des attaques répétées de Javier Milei contre les médias.



