- Plus de quatre millions de personnes sont concernées par le mal-logement en France.
- Nuisibles, moisissures, fenêtres et chaudières cassées font partie du quotidien de nombreux locataires.
- Comment se défendre face à des propriétaires peu scrupuleux ?
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Le 13H
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Le constat est édifiant et n’est pas un cas isolé. Dans un appartement que nous avons pu visiter, les problèmes s’enchainent. Une chaudière défectueuse, des toilettes qui ne fonctionnent pas, ni même de chauffage. L’humidité est par ailleurs omniprésente et le locataire indique la présence de rats. C’est l’enfer que vit un couple depuis quatre ans. « J’ai appelé, j’ai envoyé trois lettres recommandées pour faire des travaux, nous on veut juste le minimum »
, déclare exaspéré le témoin interrogé dans la vidéo en tête de cet article.
Aujourd’hui, ils espèrent être aidés par la municipalité. Après une visite sur le terrain, la ville de Grenoble prévoit de demander un arrêté préfectoral d’insalubrité pour rendre le logement inhabitable. « Auquel cas il y a une obligation pour le propriétaire, soit d’héberger temporairement le couple ailleurs, dans un hôtel ou appart’hôtel s’il le faut, à sa charge »
, clarifie Nicolas Rousseau, chef du service environnemental de la ville de Grenoble (Isère).
Des propriétaires parfois aux abonnés absents
Nous avons réussi à contacter le propriétaire du bien. Il assure avoir proposé de venir avec un artisan pour faire des réparations. Il affirme également avoir réalisé des travaux de remise aux normes en 2022 alors que les locataires occupaient déjà les lieux. Selon lui, comme en atteste un document qu’il nous a transmis, la caisse d’allocations familiales a conclu à sa mise en conformité. « Quand on a un problème avec un élément, que ce soit le chauffage ou une ventilation ou ce que vous voulez, on écrit à son propriétaire, ça me paraît cohérent. De 2022 à 2026, je n’ai jamais eu un écrit, un coup de fil, sur le sujet »
, assure le propriétaire.
Le propriétaire ne veut pas changer les fenêtres, il trouve que c’est trop cher. La question n’est pas là et il faut le faire parce que c’est dangereux
Le propriétaire ne veut pas changer les fenêtres, il trouve que c’est trop cher. La question n’est pas là et il faut le faire parce que c’est dangereux
Alice, locataire d’un logement à Lyon
Dans le centre-ville de Lyon, Alice, 24 ans, aimerait elle aussi que son propriétaire fasse des travaux. Cet été, sa fenêtre s’est effondrée sur elle. Elle a été refixée provisoirement. « C’est vraiment tout ce pan-là, le cadre en bois et les vitres qui sont tombées sur moi. La fenêtre était à terre. Les gonds ont cédé entièrement. C’est 2,50 mètres de hauteur »,
souffle la locataire. Résultat : des blessures au nez, à la pommette, à la cuisse et des douleurs au dos. Depuis, elle a tenté à maintes reprises de joindre le gestionnaire du bien. Elle reste à ce jour sans solution.
« Le propriétaire ne veut pas changer les fenêtres, il trouve que c’est trop cher. La question n’est pas là et il faut le faire parce que c’est dangereux. On est toujours un peu inquiets parce que les autres fenêtres sont dans le même état »,
ajoute-t-elle.
Pour aider les locataires partout en France, une plateforme permet de signaler aux services de l’État un problème dans son logement. À Grenoble, une autre solution est en place depuis 2024 dans certains quartiers : le permis de louer. À chaque renouvellement de bail, le propriétaire doit obtenir l’autorisation de la mairie pour mettre son bien en location. Parmi 700 logements visités en deux ans, 20% ont essuyé un refus.
« On peut demander aussi des petites reprises. C’est un accord sous réserve qui devraient être levées dans les 2-3 mois qui suivent. Ou on peut refuser si le logement n’est pas conforme. Et dans ce cas-là, on constate que ça force les propriétaires à mettre en conformité leur logement »
, détaille Nicolas Rousseau, chef du service environnemental de la ville de Grenoble (Isère). En France, on estime à plus de 4 millions le nombre de foyers touchés par un logement dégradé.



