dimanche, mai 17

  • Alex Saab a été expulsé vers les États-Unis samedi, ont annoncé les autorités vénézuéliennes.
  • Il était considéré comme un intermédiaire clé du pouvoir, alors que le pays tentait de s’adapter aux sanctions internationales.

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Venezuela : Nicolas Maduro capturé par les États-Unis

Il est au centre du conflit diplomatique entre les États-Unis et le Venezuela. Alex Saab, un Colombien d’origine libanaise, a longtemps été un homme-clé du pouvoir et un proche de Nicolas Maduro qui l’avait nommé ministre. Il a été expulsé samedi 16 mai par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, arrivée au pouvoir après la capture de Maduro le 3 janvier par l’armée américaine. Pour ses détracteurs, il est l’homme de paille affairiste de Nicolas Maduro. Ses soutiens voient au contraire en lui un serviteur dévoué du chavisme et un intermédiaire ingénieux. Voici ce que l’on sait sur cet intermédiaire-clé du chavisme à l’international.

Fils d’un entrepreneur libanais à Barranquilla (nord-est de la Colombie), Alex Saab, 54 ans, a commencé par vendre des porte-clés avant de se lancer avec succès dans le textile. Il aurait obtenu son premier contrat au Venezuela en 2011. Sur des images diffusées sur sa chaîne YouTube, on découvre l’homme d’affaires alors dans la trentaine, arborant une queue-de-cheval, signant au Palais présidentiel de Miraflores une « alliance stratégique » pour des « kits de construction pour des logements sociaux« .

Un détournement de l’aide alimentaire au profit du camp Maduro ?

À l’époque, le président est Hugo Chavez. Nicolas Maduro est ministre des Affaires étrangères. « J’ai proposé un système italien de construction. Après un an de travail et de porte-à-porte, on a réussi à entrer et ouvrir une usine », raconte Alex Saab au journal El Tiempo en 2017. Selon sa chaîne YouTube, après « d’importants » succès commerciaux, Alex Saab se convertit en 2018 en « un fonctionnaire public » envoyé en « mission » pour acquérir en Russie et en Iran – deux importants alliés du Venezuela – des « aliments, des médicaments et des produits pour les raffineries ».

Soupçonné par les États-Unis de tirer les ficelles d’un vaste réseau qui aurait permis à Nicolas Maduro et aux membres du pouvoir de détourner à leur profit de l’aide alimentaire, Alex Saab a été inculpé en juillet 2019 à Miami. Avec son associé Alvaro Pulido, il était accusé d’avoir transféré 350 millions de dollars (285 millions d’euros) hors du Venezuela sur des comptes étrangers. Il encourait 20 ans de prison.

En juin 2020, Alex Saab était interpellé lors d’une escale technique de son jet privé au Cap-Vert, puis extradé aux États-Unis après 16 mois d’une bataille diplomatico-judiciaire acharnée. Caracas avait réclamé sa libération à cor et à cri, faisant placarder à travers le Venezuela des inscriptions comme « Liberté pour le diplomate Alex Saab » ou créant le hashtag #FreeAlexSaab sur les réseaux sociaux. Son retour au Venezuela en décembre 2023, après presque trois ans de détention aux États-Unis, avait été retransmis en direct à la télévision publique et fêté comme une victoire diplomatique. Il risque désormais un nouveau séjour dans le système carcéral américain, à l’instar de son ancien allié.

T.G. avec AFP

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