- Parfois, ce sont les animaux domestiques qui représentent de vraies nuisances pour les voisins.
- Si la police et la mairie se renvoient la responsabilité, la loi n’offre pas toujours de solution à ces conflits.
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Animaux de compagnie
Des aboiements de chien, en permanence. C’est ce que filme tous les jours Marie-Paule avec son téléphone portable près de chez son voisin. « Le chien n’arrête pas d’aboyer. Même le soir lorsque je rentre du travail à 17h, je prends mon café et je m’en vais le boire sur la terrasse. Si on a du calme, deux minutes après pouf c’est les autres chiens. Non, c’est pas possible »
, déplore cette habitante de Prouvy (Nord) au micro de TF1, dans le reportage en tête de cet article.
Marie-Paule soupçonne même son voisin d’avoir un élevage clandestin de malinois. Elle se dit désespérée, son voisin refuse le dialogue et personne, pour le moment, ne trouve de solution. « Parfois quand ça crie trop, j’appelle la police. Mais elle me dit que c’est la mairie. Je téléphone à la mairie. La mairie me dit qu’elle va faire le nécessaire mais je n’ai jamais de nouvelles »
, souffle-t-elle. Sollicitée par nos équipes, la ville de Prouvy n’a pas répondu à nos questions.
Les maires sont pourtant en première ligne dans ce type de conflit. Celle d’une petite commune du nord explique qu’il faut d’abord procéder à la médiation. « Ça nous met dans des situations qui sont très complexes. Nous, si on ne l’a pas vécu, si on ne l’a pas entendu, c’est difficile de se prononcer. On y va pour essayer de trouver une solution et de faire en sorte que ça ne se reproduise plus »
, explique Nathalie Colin, édile de Rosult, au micro de TF1. Même si le maire a un pouvoir de police et peut faire intervenir les agents municipaux, encore faut-il qu’il y en ait, ce qui n’est pas le cas dans les petites communes.
Si l’animal aboie, c’est sans doute pour une raison
Si l’animal aboie, c’est sans doute pour une raison
maître Graziella Dode, avocate en droit animalier au barreau de Lille.
Dans certains cas, la justice peut également être saisie et un conciliateur peut se rendre sur place. Il peut demander au propriétaire de l’animal de prendre des mesures « comme recourir à un éducateur canin, limiter la présence de son animal pendant son absence à l’extérieur ou éloigner le lieu où son animal se promène dans le jardin de la clôture mitoyenne. Parce que si l’animal aboie, c’est sans doute pour une raison. Parfois ça peut être un problème de comportement lié à ce qui se passe au foyer »
, détaille maître Graziella Dode, avocate en droit animalier au barreau de Lille.
Malgré ces conflits de voisinage, certaines histoires ont parfois une fin heureuse. À Watigny, toujours dans le Nord, Romain avait fait construire une basse-cour au fond de son jardin. Un problème s’est toutefois posé : son coq chantait trop fort. « Un voisin est venu me voir il y a un petit peu moins d’un an pour exprimer un mécontentement sur le fait qu’il réveillait sa fille et que lui avait des horaires décalés par rapport à son travail. Et sa fille avait peur du chant du coq »
, raconte Romain, propriétaire de Napoléon.
Depuis quelque temps, le coq chante en « sourdine ». Et ce, grâce à un collier installé autour de son cou qui « empêche la vibration du fan. Ça ne lui fait pas mal, on a l’impression qu’il est enrhumé »
, détaille Romain. Le Watignien trouve cette solution facile et peu onéreuse, preuve qu’un dialogue avec son voisin peut porter ses fruits. Pour rappel, si un propriétaire n’agit pas, la justice peut le condamner à une amende de 135 euros par jour de nuisance.




