De notre correspondante régionale, Claire Bargelès
Nozizwe Ntesang est à la tête de Legabibo, association de défense des personnes LGBTQ+ au Botswana. Depuis quelques temps, on pourrait dire que sa lutte et son plaidoyer n’ont pas été vains. Alors qu’un tribunal botswanais avait jugé « inconstitutionnelles » les dispositions d’une loi sur les relations homosexuelles en 2019, le Code pénal du pays a été mis à jour en mars dernier.
« Nous accueillons avec joie la décision du représentant juridique du gouvernement d’abroger formellement ces articles du Code pénal », se réjouit Nozizwe Ntesang. Un signal « encourageant » de la part d’un nouveau gouvernement « qui se tient du côté des droits humains, droits qui par définition concernent tout le monde, y compris les personnes LGBT », développe la défenseure de la cause.
Selon elle, il s’agit de la première étape du processus. Le dialogue étant ouvert avec les institutions et les représentants religieux, « cela permet d’expliquer toutes ces avancées aux Botswana » qui, elle l’espère, servira d’exemple pour d’autres pays.
Vers un durcissement des lois sur le continent
Car si ces avancées sont source de réjouissances pour les défenseurs des libertés, et que l’Angola et le Gabon ont, eux aussi, ces dernières années, choisi la voie de la dépénalisation, sur l’ensemble du continent, on observe toutefois plutôt un durcissement de la répression à l’encontre des personnes LGBTQ+.
Au Sénégal, une loi a été promulguée, en mars dernier, durcissant les peines pour ce qui est qualifié d’« actes contre nature ». Les relations entre personnes de même sexe sont désormais passibles non plus d’un à cinq ans de prison, mais de cinq à dix ans, et des arrestations ont déjà eu lieu depuis.
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Au Ghana un texte adopté au Parlement, mais pour l’instant jamais promulgué, prévoit une politique pénale plus sévère, et encourage la délation. Le Burkina ou encore le Mali ont, eux aussi, durci leur législation.
Sur fond de pressions religieuses, de discours souverainistes, et d’influences extérieures – américaines et russes -, il devient de plus en plus difficile pour les associations de défense des droits humains d’opérer et les cas de persécutions ou de discriminations se multiplient.
Selon l’Observatoire des inégalités, en tout, 31 pays du continent continuent à criminaliser l’homosexualité, et la peine de mort est même prévue dans la loi dans certains cas, comme en Mauritanie, au Nigeria, dans certaines zones de la Somalie ou encore en Ouganda, l’un des pays africains les plus répressifs depuis l’adoption d’une nouvelle législation en 2023.
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