- En 2025, les Français ont donné à leurs enfants huit fois plus de prénoms différents qu’en 1946.
- Selon l’Insee, cela s’explique notamment par des modes plus éphémères et une multiplication des orthographes et des prénoms rares.
- Voici les raisons de ce phénomène.
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Choisir le prénom de son enfant peut être un véritable casse-tête pour les parents. Si Louise et Gabriel sont les prénoms les plus donnés en 2025, ils font partie des près de 66.000 prénoms différents qui ont été donnés l’année dernière. La preuve qu’en 80 ans, le choix des parents français s’est considérablement diversifié, souligne une étude de l’Insee, publiée ce mercredi 16 septembre.
Les 649.000 bébés nés en France l’an passé se sont vu attribuer 65.940 prénoms différents. Dans la France de l’après-guerre, les 869.000 naissances de 1946 se répartissaient entre seulement 8.007 prénoms. Ils ont donc été multipliés par plus de huit en 80 ans. Conséquence, Marie et Jean qui ont longtemps dominé les choix des parents français, connaissent un net déclin. À noter que cette diversité concerne davantage les filles (1.131 prénoms pour 10.000 naissances en 2025) que les garçons (994 prénoms). « La transmission des prénoms masculins d’une génération à l’autre, plus fréquente, réduit leur diversité »,
souligne l’étude. En revanche, « le choix des prénoms féminins repose davantage sur des critères esthétiques et une volonté de distinction, les rendant plus sensibles aux effets de mode »
, relève l’Insee, invoquant des « normes de genre ».
Des cycles de popularité plus courts
En outre, les prénoms restent de moins en moins longtemps dans le top 50 : plusieurs décennies au milieu du XXe siècle contre une petite dizaine d’années au début des années 2000. De ce fait, les Kevin, Jennifer ou Jessica, très populaires dans les années 1980 et 1990, ont ainsi rapidement perdu du terrain, tandis que Gabriel, Emma ou Jade dominent les classements depuis quelques années. « Cette accélération des cycles traduit à la fois une diversification des choix, une moindre transmission intergénérationnelle des prénoms et une sensibilité accrue aux effets de mode »
, explique l’Insee.
Multiplication des prénoms très rares
L’Insee relève aussi l’augmentation, d’abord lente puis soutenue depuis 1993, du nombre des prénoms très rares. Sur les 864.600 prénoms recensés parmi les personnes nées en France entre 1946 et 2025, 607.000 n’ont été donnés qu’une seule fois. Une diversité encore amplifiée par les variations orthographiques: pour un même prénom, les écritures peuvent se multiplier. Ainsi, le fichier recense au moins 18 variantes d’Aaron, jusqu’à Hâron.
À noter qu’une telle créativité dans le choix ou l’orthographe des prénoms a longtemps été interdite. Jusqu’en 1946, seuls les prénoms inscrits au calendrier ou inspirés de personnages connus de l’Histoire étaient autorisés par une loi de 1803. Le texte a été révisé et assoupli plusieurs fois jusqu’en 1993 où la loi est abrogée. Dès lors, les parents possèdent une liberté totale dans le choix de prénom tant que celui-ci ne porte pas atteinte à l’intérêt de l’enfant ou d’un tiers.

