vendredi, juillet 31

  • La revalorisation des prestations sociales et des retraites sera-t-elle gelée en 2027 ?
  • C’est l’hypothèse d’une année blanche, étudiée par Bercy, afin de réduire le déficit de la France et de limiter l’aggravation de la dette.
  • Soutenue par un récent rapport d’experts, elle avait déjà été envisagée par le gouvernement de François Bayrou.

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L’exécutif va-t-il suspendre les indexations automatiques de certaines dépenses sur l’inflation pour redresser les comptes ? « Le débat sur les augmentations, les indexations automatiques indifférenciées, il faudra effectivement qu’on l’ait », a reconnu ce vendredi 31 juillet le ministre des Comptes publics, David Amiel, au micro de Sud Radio, interrogé sur l’hypothèse d’une « année blanche » budgétaire en 2027.

L’année blanche budgétaire consiste à reconduire à l’identique les montants des dépenses de l’année précédente sans les revaloriser au rythme de l’inflation, comme c’est le cas pour certaines prestations sociales ou pour les pensions de retraite. Cela peut également comprendre le gel du barème de l’impôt sur le revenu car ne pas revaloriser les tranches en fonction de l’inflation procure des recettes supplémentaires avec notamment plus de contribuables assujettis à l’impôt.

Mercredi sur France Inter, le ministre de l’Économie avait jugé que l’année blanche était « une manière efficace de faire des économies ». Ni lui ni son collègue n’ont toutefois précisé le périmètre d’une telle mesure, et par conséquent l’ampleur des économies que le gouvernement pourrait en espérer. « Mais à chaque fois qu’on augmente de manière automatique et indifférenciée certaines dépenses, ça se fait au détriment d’autres investissements indispensables », note David Amiel.

Cette hypothèse n’est pas nouvelle. L’ex-Premier ministre François Bayrou avait proposé une année blanche lorsqu’il était à Matignon, estimant qu’une telle mesure dans le budget 2026 aurait représenté quelque 7 milliards d’euros d’économies. Plus récemment, une mission d’économistes a remis un rapport au gouvernement pour un redressement massif des finances publiques, et évoqué cette piste qui, selon eux, ne « devrait pas être a priori exclue en 2027 »

Un objectif de déficit impossible à tenir ?

Leur constat est inquiétant : 126 milliards d’euros d’efforts seront nécessaires d’ici à 2032 pour stabiliser le taux de déficit de la France et arrêter l’envolée des intérêts de remboursement de la dette. La France entend toujours repasser sous les 3% du produit intérieur brut (PIB) de déficit en 2029, comme elle s’y est engagée auprès de Bruxelles. Or à politique inchangée, le déficit public passerait de 5% du PIB prévu par le gouvernement cette année – chiffre dont Roland Lescure a déjà prévenu qu’il serait « difficile à atteindre » en raison du coût de la guerre au Moyen-Orient – à 5,9% l’an prochain et 6,8% en 2030.

Dans son rapport, la mission préconisait un ajustement budgétaire « soutenu dans la durée », mobilisant « les trois leviers » classiques : des économies dans les dépenses publiques, dans une moindre mesure une hausse des recettes et des mesures de relèvement du potentiel de croissance de l’économie française. « L’effort devra être partagé, et il serait illusoire de penser, compte tenu des montants en jeu, qu’il pourrait être concentré sur certaines catégories seulement de la population », écrivait-elle.

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