- Le pétrole est l’élément de base utilisé dans la fabrication du bitume, indispensable à la construction des cours d’école, des trottoirs ou encore des chaussées.
- Or, avec le blocage du détroit d’Ormuz, son prix s’est envolé ces deux derniers mois, passant de 450 à 650 euros la tonne.
- Résultat, de nombreux chantiers pourraient se retrouver à l’arrêt, comme l’a constaté le 20H de TF1 auprès de professionnels du secteur.
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Pour fabriquer le revêtement qui recouvre les routes que vous arpentez, il faut mélanger sable et gravier à du bitume, un sous-produit pétrolier. Si le détroit d’Ormuz reste bloqué, le responsable de l’entreprise où nos journalistes se sont rendus redoute une pénurie. Alors, il anticipe.
« On garde nos cuves à un niveau haut, pleines, de manière à ne pas tomber en rupture. Quand on va nous dire en mai ou en juin ‘il n’y a plus de bitume’… Sans bitume, on ne travaille plus, c’est le chômage technique. En trente-cinq ans de carrière ici, je n’ai jamais connu de pénurie de bitume »
, explique Philippe Poupart, responsable de site à la Société francilienne d’enrobage (SFE) à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
90.000 euros de surcoût pour une route de trois kilomètres
Ce professionnel du secteur n’avait jamais connu non plus de flambée des prix aussi rapide : le prix de la tonne de bitume a augmenté de 200 euros en un mois. Résultat pour les clients : +10% d’augmentation sur les chantiers à venir, comme les cours d’école, trottoirs ou encore chaussées.
Pour une route de trois kilomètres de long à refaire, par exemple, cela représente 90.000 euros de surcoût. « Les collectivités pour qui on travaille, en général, ont des budgets qui sont figés et on va amener des additions qui vont être supérieures à leur budget. Elles auront deux choix : soit elles en feront moins, soit elles reporteront à l’année prochaine. D’où, un petit peu, les incertitudes qu’on a pour cet été »
, détaille Francis Dubrac, président-directeur général de Dubrac TP à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.
Or, l’été est le pic d’activité des travaux publics. Juillet et septembre représentent ainsi les deux plus gros mois de l’année pour le secteur. « Ça tombe hyper mal derrière une période municipale où on n’a pas fait grand-chose »
, reprend Francis Dubrac.
Avec ses cuves pleines, cette société pourrait tenir quinze jours avant de devoir mettre à l’arrêt ses chantiers si la matière première venait à manquer.




