- Le Muséum d’histoire naturelle de Nantes déménage avant sa rénovation.
- Les 15.000 animaux et collections vont devoir être déplacés vers des réserves tenues secrètes.
- Une opération hors norme à laquelle a assisté une équipe de TF1.
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Le 13H
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Avez-vous déjà vu un éléphant s’extirper d’une fenêtre ? Le squelette de celui du Muséum d’histoire naturelle de Nantes a tout juste la place de passer à travers. Seuls 5 centimètres séparent le mur de la plateforme sur laquelle il est posé. « Il faut être très précis »,
confirme un technicien, dans le reportage du 13H ci-dessus. Au final, trois essais seront nécessaires pour sortir du monument, grâce à une grue, cet éléphant d’Asie. « Il y a forcément un petit frisson. On fait confiance et, en même temps, un éléphant qui passe par la fenêtre, ce n’est pas tous les jours. Donc, il y a un petit moment d’appréhension, un petit moment de soulagement et, pour les prochains, il n’y a pas de raison que ça se passe moins bien »
, espère la conservatrice Florence Coutier.
Une destination tenue secrète
C’est le grand jour au Muséum d’histoire naturelle de Nantes. Les animaux quittent les lieux, une première depuis 227 ans. Pour les plus grandes espèces comme les dromadaires, il faut absolument bien les sangler pour éviter la casse. « On va prendre un de chaque côté, on va le tendre, pour éviter que la tête bouge de trop, pour éviter que la colonne la pète »,
explique l’emballeur-bardeur Patrice Péneau. Le musée est fermé au public depuis déjà un an. Les employés, eux, rangent, nettoient et transfèrent les 15.000 animaux et collections vers des réserves tenues secrètes.
Des volumes, des poids et des charges pareils, ça reste toujours quelque chose de délicat et de dangereux.
Des volumes, des poids et des charges pareils, ça reste toujours quelque chose de délicat et de dangereux.
Dominique George, société Ophys.
Le but de ce déménagement hors norme, c’est d’agrandir et de rénover le musée. Et il n’y a pas que les lieux qui se refont une beauté, les espèces aussi. La poussière est par exemple l’ennemi numéro un des oiseaux naturalisés, car elle dégrade les plumes et la peau. « Il va y avoir des déplacements, donc le risque, c’est d’avoir de la poussière en suspension. Si on l’enlève au départ, on en aura beaucoup moins dans les réserves »
, pointe Eric Guiho, responsable des collections des sciences et de la vie. Ensuite, les plumes doivent être soigneusement peignées. C’est le travail de Cindy et Jonathan, médiateurs scientifiques. « Ce qui n’est pas facile, c’est qu’il y a certaines plumes qui ne sont pas forcément toujours d’accord et qui ont décidé, un peu comme les cheveux le matin, de partir dans un autre sens »
, précise Jonathan.
Eric, lui, récupère les oiseaux et les range, façon Tetris. « J’essaie de voir si on peut les placer la tête en bas, mais je me dis que ça devient risqué, puisque du coup, les plumes sont assez fragiles »
, constate-t-il. Les copeaux d’amidon absorberont les petits chocs de transport. Toutefois, pour le rorqual de 18 mètres de long, il va être impossible de le mettre dans un carton. Il faut dévisser les 28 côtes de cette baleine, dont chacune pèse 15 kilos. Un travail minutieux, fait à la main. « Ça fout la trouille, parce que c’est quand même un travail assez gros, assez fastidieux. Des volumes, des poids et des charges pareils, ça reste toujours quelque chose de délicat et de dangereux. Le crâne d’une baleine comme ça fait plus de 500 kilos »
, rappelle Dominique George, de la société spécialisée Ophys. Emmanuel et Dominique partagent depuis 20 ans cette même passion. Ils sont un peu des déménageurs de l’extrême. « Celle-ci, ça va être la quatrième baleine. Donc, on est rodés à la manœuvre »,
expliquent-ils.
D’ici à quelques mois, la collection du musée s’enrichira. Dans l’État du Wyoming, aux États-Unis, des archéologues fouillent un squelette de dinosaure, celui d’un séropode au long cou. Impossible de l’acheter, il faut le déterrer soi-même. « C’est la seule façon actuellement de se procurer un dinosaure en dehors des ventes aux enchères où on atteint des sommes astronomiques qui sont hors de portée de nos finances. Le dernier T-Rex, ça a été 50 millions d’euros, (…) c’est le prix de la rénovation du musée. Donc c’est hors de question »
, résume Philippe Guillet, le directeur. Le squelette sera situé dans le hall d’entrée du muséum, dont la réouverture est prévue fin 2029.

