- Stephen Miller a été nommé vendredi directeur de cabinet de Donald Trump.
- Cette figure de l’aile la plus radicale du mouvement conservateur a conseillé le président pour sa politique antimigrants.
- Des critiques sur sa nomination n’ont pas tardé à fuser parmi les démocrates.
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À droite toute. Moins d’une semaine après le revers infligé par les démocrates lors des midterms, Donald Trump a nommé Stephen Miller au poste très stratégique de directeur de cabinet. Avec la nomination de cet homme de 41 ans incarnant la ligne dure de l’administration de Donald Trump, ce dernier semble opter pour une confrontation plutôt qu’un apaisement pour ses deux dernières années de mandat.
Fidèle parmi les fidèles, Stephen Miller était jusque-là l’éminence grise du président, derrière les questions de lutte contre l’immigration – pièce maîtresse du programme trumpiste. Il fait également souvent écho aux discours de la droite radicale sur un déclin supposé de l’Occident face à « l’invasion »
de migrants. Pour lui, le sujet est existentiel, estimant que « c’est un combat pour sauver la civilisation ».
Le « cerveau de Trump »
Son influence serait même tentaculaire, détaille le livre « Regime Change » (non-traduit en français), qui décrit un homme prompt à s’en prendre durement à ses équipes. « Stephen Miller est le ‘cerveau de Trum
p' », disait au New York Times
Kevin McCarthy, ancien président de la Chambre des représentants, juste avant l’intronisation du président républicain en janvier 2025. D’après le Wall Street Journal, c’est lui qui, en mai 2025, avait donné l’ordre à l’ICE, la police de l’immigration, de redoubler d’efforts pour augmenter le nombre d’expulsions.
Né en Californie dans une famille juive, de parents ayant fréquenté de prestigieuses universités, Stephen Miller avait plutôt le profil d’un futur électeur démocrate. Mais dès le lycée, puis à l’université Duke, il défend avec provocation les idées de la droite radicale. David Horowitz, un influent idéologue conservateur, lui offre son ticket d’entrée dans les cercles ultraconservateurs, où il croise des figures comme Steve Bannon et Tucker Carlson avant de rejoindre, à 30 ans, la première campagne de Donald Trump.
Pendant le premier mandat de Trump (2017-2021), les idées de Stephen Miller semblaient encore marginales. Il fut un architecte du « Muslim ban », ces restrictions à l’entrée sur le territoire infligées aux ressortissants de pays majoritairement musulmans, qui se sont ensuite heurtées à la justice. Le conseiller avait aussi soutenu sans réserves son patron lorsque des manifestants pro-Trump avaient pris d’assaut le Capitole, le 6 janvier 2021, pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden.
Sans surprise, cette nomination a fait grincer des dents le camp démocrate. « Stephen Miller est un xénophobe dangereux et un extrémiste fou qui a du sang américain sur les mains
« , a protesté Hakeem Jeffries, leur meneur à la Chambre des représentants. Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a décrit l’homme comme « l’architecte des politiques les plus barbares et inhumaines
» du gouvernement Trump.

