mercredi, avril 15

« Le chalutier, qui était parti de Teknaf, dans le sud du Bangladesh, et se rendait en Malaisie, a pu couler en raison de vents violents, d’une mer agitée et de la surcharge » du navire, précise le communiqué du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le navire avait quitté le 4 avril les côtes bangladaises. À son bord, des personnes fuyaient Cox Bazar, une ville du sud du Bangladesh où se trouve le gigantesque camp de Balukhali, où vivent plus d’un million de réfugiés dans des conditions dramatiques. Neuf rescapées ont été secourues. L’une d’elles a raconté l’horreur à l’AFP : durant plus de 36 heures, elles ont dérivé avant d’être sauvées.

Les Rohingyas, minorité apatride majoritairement musulmane, sont persécutés en Birmanie, où ils sont considérés comme des étrangers indésirables. Des milliers d’entre eux risquent leur vie chaque année dans de longues et dangereuses traversées en mer pour tenter d’atteindre la Malaisie ou l’Indonésie, depuis la Birmanie ou le Bangladesh.

Une « absence de solutions durables pour les Rohingyas »

Et ce drame est loin d’être isolé. Selon l’agence onusienne, il illustre l’absence de solutions durables pour cette population, rejetée, stigmatisée ou parquée dans de gigantesques camps. « Cet incident tragique illustre les conséquences dramatiques d’un déplacement prolongé et de l’absence de solutions durables pour les Rohingyas », déplore le HCR dans son communiqué. Cette tragédie vient « rappeler que des efforts urgents sont nécessaires pour s’attaquer aux causes profondes » pour lesquelles ils ont fui la Birmanie, et la nécessité de « créer les conditions permettant aux réfugiés rohingyas de rentrer chez eux volontairement, en toute sécurité et dans la dignité », a-t-il ajouté.

En 2025, le HCR a indiqué que 427 Rohingyas étaient portés disparus et présumés morts en mer lors de deux naufrages survenus les 9 et 10 mai 2025 au large des côtes de la Birmanie. Plus de 650 Rohingyas étaient morts en 2024 dans les eaux de la région, selon l’agence onusienne. En 2017, des centaines de milliers de Rohingyas ont fui une répression sanglante de l’armée birmane et de milices bouddhistes, trouvant refuge au Bangladesh voisin. La Birmanie a toujours soutenu que la répression menée par les forces armées était justifiée pour réprimer une insurrection des Rohingyas.

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