samedi, mai 30

  • Un trafic d’armes a été démantelé par les gendarmes : plus que son ampleur, c’est le lieu choisi par les malfrats qui étonne.
  • Les fusils d’assaut ont été retrouvés dans des propriétés discrètes des petites communes de Souillac et de Martel, dans le Lot.
  • Depuis plusieurs années, les zones rurales se retrouvent de plus en plus utilisées par ces réseaux criminels pour leurs trafics.

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Le 20H

Les images et les chiffres donnent le tournis. On dénombre 18 armes à feu, dont 5 fusils d’assaut, 11 kilos de stupéfiants en tout genre, 26.000 euros en liquide… Ce butin vertigineux a été découvert par les gendarmes de la section de recherches de Toulouse non pas dans une grande ville, mais dans la discrète commune de Souillac (Lot), d’à peine plus de 3.000 habitants. Cet arsenal de guerre a été retrouvé au domicile d’un couple de trentenaires, ainsi que sur un terrain lui appartenant à Martel, à 15 kilomètres de là. 

Cette saisie a de quoi surprendre les habitants de cette autre petite ville. Pour plusieurs résidents interrogés dans le 20H de TF1 en tête d’article, il est bien difficile d’imaginer qu’un tel trafic ait pu se développer (nouvelle fenêtre) dans leur petit coin de tranquillité. « C’est énorme, je suis surpris, évidemment ! C’est hallucinant, même », lâche l’un d’eux, estomaqué. « C’est déjà assez étonnant que l’on puisse voir ça dans des petits villages comme les nôtres. On est 1.400 habitants à peu près à Martel… C’est vrai que d’avoir ce genre de planque-là de notre côté, on n’a pas l’habitude quand même », glisse un autre, attablé en terrasse. 

« Facile de se cacher » : les petites communes prises pour cible

Placé en détention provisoire, le couple de suspects a été mis en examen pour trafic d’armes et de stupéfiants, blanchiment et recel. L’homme était déjà connu de la justice pour des faits en lien avec des armes. Tous deux ont été interpellés la semaine passée à leur retour des Pays-Bas, d’où un trafic s’était organisé (nouvelle fenêtre) jusqu’au Lot. 

Si une saisie aussi conséquente détonne avec la taille de la commune de Souillac, le choix de cette ville pour dissimuler un tel butin n’a toutefois rien d’incohérent : sa situation géographique est stratégique pour les trafiquants (nouvelle fenêtre). « Pour la campagne, cela peut paraître une histoire assez incroyable », mais « il y a une sortie d’autoroute très importante entre Toulouse et Paris », pointe le maire (SE) Frédéric Vergnes. « Dans une petite ville tranquille, il est peut-être facile de se cacher, on va dire… »

À la campagne, ces communes proches des grands axes routiers sont ainsi ciblées par les organisations criminelles, qui y voient l’occasion d’écouler leurs marchandises. Fin avril, plusieurs kilogrammes de drogue et des armes de guerre avaient été retrouvés à Eymoutiers, en Haute-Vienne, une ville de 2.000 habitants proche de l’autoroute A20. Là encore, le trafic déployé était en lien avec les Pays-Bas.

Une « expansion territoriale rapide » du trafic

Non seulement ces communes sont utilisées pour cacher des stupéfiants, mais elles servent aussi parfois de bases pour en fabriquer. En décembre dernier, le ministère de l’Intérieur reconnaissait (nouvelle fenêtre) que « les petites villes et les zones rurales deviennent des espaces de vente à domicile mais aussi des zones de stockage et parfois de production ». En mai 2025, les gendarmes avaient par exemple découvert un laboratoire de production de drogues de synthèse dans une luxueuse villa provençale du Var (nouvelle fenêtre), et mis la main sur des centaines de kilogrammes de méthamphétamine, qui étaient destinés à être envoyés à l’étranger. 

« S’il reste essentiellement concentré sur 10 % des communes françaises, qui correspondent aux zones urbaines denses, le trafic connaît une expansion territoriale rapide, y compris dans les zones rurales jusque-là relativement épargnées », notait dès novembre 2024 la Cour des comptes dans un rapport sur le sujet. Elle relevait aussi que « dans les zones rurales à habitat dispersé et très dispersé, on compte un mis en cause pour trafic de stupéfiants pour 5.000 habitants »

M.L. | Reportage : Sophie CHEVALLEREAU, Solène CORNUAU et François GUINLE

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