- Quarante ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, une large zone autour de la centrale est interdite d’accès en raison du taux de radioactivité.
- Selon l’AIEA, personne ne pourra y vivre en toute sécurité avant les 24.000 prochaines années.
- Pourtant, celle-ci regorge de vie animale… mais aussi humaine.
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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année
Son nom officiel : la « zone d’aliénation de la centrale nucléaire de Tchernobyl ». Quarante ans après la plus grave catastrophe nucléaire jamais survenue à ce jour, le 26 avril 1986, c’est toute une région entourant le site de l’accident dans un rayon de 30 kilomètres qui est interdite aux activités humaines. Villes, champs, forêts sont abandonnés dans une zone qui mesure, au total, plus de 2.200 km² dans le nord de l’Ukraine et 2.600 km² dans le sud de la Biélorussie.
À trois kilomètres de la centrale, Pripyat ressemble désormais à une ville fantôme. Bâtiments en décomposition, auto-tamponneuses rouillées, salles d’école remplies de cahiers abandonnés aux intempéries… La ville la plus proche de l’épicentre de la catastrophe a été totalement vidée de ses 48.000 habitants en 1986. Le décor n’a pas changé, 40 ans plus tard, comme le montrent ces images.
Tchernobyl : 40 ans après, la zone d’exclusion, une immense réserve naturelleSource : TF1 Info
Malgré la forte contamination à la radioactivité, la zone d’exclusion, grande comme le Luxembourg, est devenue depuis l’accident l’une des plus grandes réserves naturelles d’Europe. Loups, lynx, élans, cerfs et même des ours bruns, absents depuis plus d’un siècle, ont fait leur retour parmi les 200 espèces répertoriées autour de la centrale… Mais aussi les emblématiques chevaux de Przewalski, des équidés sauvages originaires de Mongolie menacés d’extinction réintroduits en 1998 dans le cadre d’un programme scientifique. Des chiens au pelage bleu ont même été observés l’an dernier, sans que la raison de cette étrange coloration ne soit encore identifiée.
Encore des habitants malgré la radioactivité
Et si la zone est de facto impropre à la vie humaine, certains y vivent encore de manière illégale, sans que les autorités s’y opposent. En 2019, une équipe de TF1 s’est rendue dans un village situé à 30 minutes de la centrale où vivaient encore une dizaine de femmes septuagénaires, parmi les 120 habitants de la zone d’exclusion.
« Nous sommes nées ici, nous sommes revenues ici et nous mourrons ici »
, déclarait l’une d’entre elles à notre micro, dans le reportage en tête de cet article. Ces Ukrainiennes parviennent à vivre en autarcie grâce à leur puits et leur potager, bien que l’agriculture soit interdite autour de Tchernobyl. En effet, près de 40% des fruits et légumes cultivés dans la zone d’exclusion et analysés par des chercheurs ne sont pas comestibles en raison de leur taux de radioactivité supérieur à la normale. La contamination est telle que personne ne pourra y vivre en toute sécurité avant les 24.000 prochaines années, avance même l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Au total, près de 2.300 personnes travaillaient à l’époque dans la zone d’exclusion dans la recherche scientifique, la sécurité, la santé mais aussi le tourisme. En effet, il était possible de se rendre sur le site avec un guide avant l’invasion russe en février 2022. Depuis, la zone est totalement interdite aux touristes et le territoire s’est militarisé, avec des barbelés, des mines et des blocs de béton.











