[Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 21 janvier 2026, et republié le 29 mai]
L’histoire de Neena Potenza, publiée par le site de la chaîne américaine CNBC – média qui réalise fréquemment des portraits d’expatriés –, montre comment une carrière à l’étranger se construit parfois en dehors des voies officielles. À 54 ans, aujourd’hui directrice des ressources humaines d’Ikea États-Unis, elle totalise trente-deux ans dans l’entreprise et affirme que son parcours mondial a commencé parce qu’elle a osé demander à partir.
Elle explique avoir rapidement exprimé son envie de mobilité internationale alors qu’elle travaillait au Royaume-Uni. Elle insiste sur le rôle individuel de l’employé dans ce type de démarche et conseille :
“Exprime ton intérêt à voix haute, et ne garde pas cette information pour toi, tu as la responsabilité de dire à ton organisation : ‘C’est une passion que j’ai.’”
L’épisode le plus déterminant, selon elle, est l’envoi d’e-mails spontanés à des responsables RH dans d’autres pays pour savoir si un poste existe. En anglais, on appelle ça des cold emails, des e-mails envoyés sans contact préalable à une personne ou à une organisation, un peu comme si on frappait à une porte sans être attendu. Ces messages ont lancé sa carrière à l’étranger chez Ikea. Elle se souvient : “Ce qui était vraiment incroyable, c’est que tout le monde a répondu avec une forme de curiosité en disant : ‘Salut Neena, merci d’avoir pris contact, nous serions ravis d’en savoir davantage.’” Ces réponses lui ont permis d’obtenir trois entretiens en Scandinavie et de choisir le Danemark comme première destination internationale.
Elle admet aujourd’hui qu’elle était alors “merveilleusement naïve dans [sa] vingtaine”, mais souligne que cette audace lui a ouvert la porte d’une véritable carrière internationale : Danemark, États-Unis (Boston), Suède, puis retour à Boston. L’expatriation n’a pas été un privilège proposé mais une opportunité qu’elle a elle-même créée.
Pour elle, le sens de ces déplacements est d’abord culturel : “Je voulais vivre Ikea dans une autre culture et vraiment développer ces apprentissages, mais aussi rester dans un environnement familier.” Ce témoignage met en lumière un point rarement dit : l’expatriation n’est pas seulement une question de compétences ou de chance, mais de démarche volontaire. En d’autres termes, partir travailler à l’étranger peut commencer par un simple message envoyé à la bonne personne – à condition d’oser l’envoyer.
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