Une Américaine a été expertisée fin mars par un psychologue dans l’enquête française pour traite de femmes visant l’ancien propriétaire du Ritz Mohamed Al-Fayed, a appris l’AFP lundi de source proche du dossier.
Pelham Spong, 42 ans et originaire de Caroline du Sud, a raconté à l’experte « l’ampleur » qu’a pris cette affaire dans sa vie. « Il y a mon histoire, mais je connais une trentaine de femmes victimes. A chaque fois qu’une femme me raconte son histoire, la douleur se multiplie. Toutes ces histoires vivent en moi », a-t-elle confié à l’AFP lors de son séjour à Paris.
« L’expertise est une étape clé pour mesurer le retentissement des faits sur les victimes », a souligné auprès de l’AFP son avocate, Me Anne-Claire Le Jeune. « Dans des affaires de violences sexuelles, où les faits sont parfois durs à établir, elle apporte un éclairage technique, de nature à corroborer les déclarations des plaignantes ».
Longtemps installé à Londres, l’Egyptien Mohamed Al-Fayed est décédé à 94 ans en 2023, sans jamais être inquiété en dépit de plaintes auprès de la police britannique sur ses agissements qui auraient duré plus de 35 ans.
Une enquête journalistique de la BBC a relancé l’affaire, en septembre 2024. Mi-février 2026, la police londonienne indiquait avoir recueilli les témoignages de « 154 victimes ». Mais son travail reste critiqué par des plaignantes, qui lui reprochent de minimiser les faits.
Et plusieurs femmes ont décidé de placer leurs espoirs dans la justice française.
Le parquet de Paris est le premier à avoir, à l’été 2025, ouvert une enquête pour traite d’êtres humains afin de faire la lumière sur ce réseau présumé qui se serait aussi étendu en France et de rechercher des complices éventuels.
Dans sa plainte déposée à Paris, Pelham Spong raconte, qu’en août 2008 dans la capitale française, une recruteuse lui a proposé un travail d’assistante de direction chez Al-Fayed, propriétaire de l’hôtel 5 étoiles Le Ritz, et de Harrods, temple du luxe de Londres.
Pelham Spong décrit notamment une rencontre avec Al-Fayed au Ritz, dont elle accuse la direction d’avoir été « au courant de l’utilisation de l’hôtel comme base » pour « sélectionner » des femmes, ensuite « envoyées au Royaume-Uni, et ailleurs dans le monde, pour être agressées sexuellement ».
Elle indique avoir passé « une semaine d’orientation professionnelle » à Londres. Elle dénonce alors un examen médical avec des actes gynécologiques et affirme qu’Al Fayed l’a reçue dans son bureau pour lui signifier que son futur poste incluerait « des relations sexuelles avec lui », l’embrassant de force.
Sollicité fin février par l’AFP, le Ritz s’était dit « profondément attristé par les témoignages » et affirmait vouloir « coopérer pleinement ». De son côté, Harrods a mis en place un processus d’indemnisation.
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