L’assemblée générale de TotalEnergies s’est ouverte vendredi dans un climat de défiance après ses profits énormes au 1er trimestre qui ont relancé les appels de la gauche et des associations environnementales pour « la taxation des super-profits » et la nationalisation du groupe de Patrick Pouyanné.
A quelques centaines de mètres de la tour TotalEnergies, une trentaine de militants communistes ont manifesté sur le parvis du quartier d’affaires parisien de La Défense derrière une banderole appelant à la « nationalisation de Total », en amont de son assemblée générale.
« On ne peut pas vivre de crise en crise tous les trois ans, donc nous on propose depuis un moment la nationalisation de tout le secteur énergétique, donc Total aux côtés d’ENGIE et d’EDF », a déclaré à l’AFP le sénateur communiste Fabien Gay.
Un peu plus tôt, une trentaine de militants environnementaux avaient installé au même endroit un pipeline en carton alimenté en faux-billets pour dénoncer « les projets mortifères de TotalEnergies en Afrique » et réclamer « la taxation des super-profits » réalisés par le géant pétrogazier, à l’appel d’Attac, Avaaz, 350 et Action Justice Climat Paris, a constaté l’AFP.
TotalEnergies, qui souligne que ses assemblées générales ont été « gravement perturbées à quatre reprises depuis 2018 », accueille ses actionnaires à 14H00 avec un important dispositif de sécurité: pas de téléphone portable, vigiles en nombre et portiques anti-métaux à l’entrée, dispositif policier aux abords.
Dopé par la flambée des hydrocarbures, TotalEnergies a dégagé au premier trimestre un bénéfice de 4,96 milliards d’euros (+51% sur un an), relançant le débat sur l’opportunité de taxer les « superprofits ».
Après une proposition de loi du PS en ce sens, le sénateur Yannick Jadot et son groupe écologiste ont annoncé jeudi le dépôt d’un autre texte pour le retour de l’Etat au capital du groupe, dans le but de « protéger notre souveraineté énergétique ».
La gauche accuse le groupe d’être un « profiteur de guerre ». Ce à quoi le bouillant PDG Patrick Pouyanné répond en contestant que ses bénéfices « tombent du ciel » et en défendant son « effort conséquent » à travers le plafonnement du prix des carburants dans ses stations – initiative bien accueillie par les automobilistes et un gouvernement aux marges de manoeuvre ténues.
Dans une interview au Figaro, le patron a dénoncé un « débat politique (…) parfois exacerbé et outrancier » sur son groupe.











