Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
Au Sénégal, avec la pose de cette première pierre, le signal envoyé est clair : les acheteurs peuvent désormais se positionner pour des studios ou villas haut de gamme, tous délivrés sur plan au Lac Rose. Malgré les résistances locales, les travaux de la nouvelle « ville verte » sont prêts à démarrer.
Publications sur les réseaux sociaux, rassemblement sur le terrain, coups de fils aux autorités, ces dernières heures, Ibrahima Mbaye espère encore faire reculer l’État à l’origine de ce projet. Pour le président du collectif de l’Arr Lac Rose (protéger le Lac Rose, en wolof), ce chantier menace l’écosystème du site, rempart naturel face à l’océan et avec lui, 6 000 travailleurs. Tous dépendent de la préservation du lac comme les ramasseurs de sel, les restaurateurs ou encore les opérateurs touristiques, comme l’explique Ibrahima Mbaye.
« Même le nom d’une ville verte, c’est une expression pour essayer de leurrer un peu la population en disant qu’ils vont faire une ville intelligente, une ville écologique. Nous la population qui habitons ici, on sait que c’est impossible sur ce site. Donc, on a les dunes de sable, on a la bande de fil là-haut qui a été plantée pour la protection contre l’érosion côtière et l’avancement de la mer. Les gens ne viennent pas pour voir des immeubles, des installations vraiment imposantes et qui défigurent complètement le Lac Rose. Cela veut dire que il n’y aura plus de touristes ».
Jointe par RFI, la cellule communication de la société égyptienne Casa Orascom répond que le projet est bel et bien en marche et assure « être capable de construire tout en préservant » selon les engagements environnementaux pris avec le gouvernement sénégalais. La multinationale annonce la création de 20 000 emplois directs et indirects issus du chantier.
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