- Alors que le sud-ouest de la France est en proie aux incendies depuis une semaine, les projets se multiplient en France pour doter le pays d’appareils français et ainsi concurrencer le monopole des engins canadiens.
- Hynaero, dont le siège est à Istres près de Marseille, est en train d’achever la conception du Fregate-F100, avec pour objectif une entrée en service en 2031.
- Il aura la plus grosse capacité du marché, pouvant prélever 10.000 litres d’eau.
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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
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Un avion made in Europe pour renforcer les moyens de lutte contre les feux de forêt. Actuellement, la France dispose de deux modèles d’avions pour combattre les feux de forêt : des Canadair – qui se chargent en eau en survolant un lac ou la mer – et des Dash 8 – qui doivent atterrir au sol pour être rechargés. Et pour la première fois, un avion militaire A400M Atlas a été déployé le week-end dernier pour combattre les incendies dans le Sud-Ouest. Un système développé par son fabricant, Airbus, jusqu’ici pas encore déployé en conditions réelles, permet de transformer cet avion de transport de l’armée française en bombardier d’eau capable de larguer 20.000 litres d’eau ou de produit retardant le feu (nouvelle fenêtre).
Un autre acteur de la lutte contre les feux pourrait, dans quelques années, apporter sa pierre à l’édifice. Fondée en 2023, l’entreprise Hynaero travaille actuellement sur un bombardier d’eau amphibie. Le Fregate-F100, c’est son nom, a été pensé pour répondre aux enjeux du dérèglement climatique et à l’intensification des incendies de forêt. Doté d’une capacité de 10.000 litres d’eau, contre 6.000 litres pour un Canadair CL-415, celui-ci apportera un « bond capacitaire par rapport aux avions qui ont fait référence jusqu’à ce jour »
, met en avant son concepteur. De plus, sa vitesse de croisière de 250 nœuds – soit environ 460 km/h – lui permettra d’intervenir de manière précoce sur les départs de feu. À titre de comparaison, la vitesse de croisière du Canadair CL-415 est de 175 nœuds, soit environ 290 km/h.
« Pour le même prix qu’un Canadair »
, le Fregate-F100 « permettra d’apporter deux fois plus d’eau qu’un Canadair sur une mission feu, avec plus de sécurité des vols, avec une meilleure coordination aéroterrestre, parce que ce sera un avion moderne qui intégrera tout ce qu’on fait de mieux aujourd’hui »
, a déclaré, au micro de LCI (nouvelle fenêtre), David Pincet, PDG et cofondateur d’Hynaero. Le Fregate-F100 sera équipé de commandes de vol électriques, offrant ainsi un pilotage plus précis,
et sera doté d’une autonomie de plus de trois heures de combat sur les feux, à 250 kilomètres de la base de stationnement, indique son concepteur sur son site internet (nouvelle fenêtre).
Hynaero, dont le siège est basé à Istres (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, est en train d’achever la conception de cet appareil, avec pour objectif une entrée en service en 2032. Hynaero espère en fabriquer dix par an à partir de 2035.
Selon son concepteur, le développement d’un tel avion devrait coûter environ « un milliard d’euros »
. L’État français a promis d’injecter 7 millions d’euros dans ce projet. L’Espagne et l’Italie ont manifesté leur intérêt. Pour David Pincet, c’est aussi un enjeu de souveraineté. « Il n’y a pas que la France qui est touchée. Il y a la Grèce, le Portugal… Tous les pays méditerranéens aujourd’hui font face à cette demande de pouvoir s’équiper de moyens qui soient les plus performants possibles »
, souligne-t-il.




