- Édouard Philippe inaugure « Route nationale », le nouveau format créé par TF1 à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
- Aux côtés d’Anne-Claire Coudray, le candidat Horizons sillonne les routes normandes à la rencontre des électeurs.
- Carburants, retraites, salaires, éducation… Le maire du Havre aborde plusieurs sujets au cœur des préoccupations des Français.
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Le 20H
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C’est sous un temps pluvieux qu’Édouard Philippe accueille Anne-Claire Coudray, au pied de l’hôtel de ville du Havre. Celui qui a été élu maire de la commune normande en 2010 est le premier invité de « Route nationale », le nouveau format du JT de 20H de TF1 qui permettra notamment aux candidats à l’élection présidentielle de 2027 de partir sur les routes de France et d’échanger directement avec les électeurs.
Le candidat Horizons n’a pas choisi Le Havre au hasard pour la première étape du parcours. « Tout ce que vous voyez autour de nous a été reconstruit après que la ville a été rasée en septembre 1941. On a reconstruit, on a réorganisé et cette ville s’est redéveloppée. En fait, on en est capable. C’est dur, mais quand on s’accroche, on y arrive »
, affirme l’ancien Premier ministre.
« Le président, c’est pas un commentateur »
Édouard Philippe prend le volant pour partir à la rencontre des Français. Le candidat Horizons est un habitué des déplacements aux quatre coins du pays. « Aujourd’hui, je suis avec vous au Havre. Jeudi, je serai à Annecy, puis à Annemasse. Vendredi, je serai en Savoie »
, énumère le prétendant à l’Élysée, qui s’attend à une campagne violente. « C’est vrai que c’est violent. C’est violent verbalement, nerveusement. Dans une campagne, vous avez des rumeurs qui naissent, qui fleurissent, qui se développent »
, affirme-t-il.
« La calomnie a toujours existé. La calomnie, la rumeur, la critique dégueulasse, les coups en dessous de la ceinture, ça a toujours existé. Ce n’est pas propre à notre époque. Si je voulais ne pas connaître ça, je ne ferais pas ça. Je le fais en connaissance de cause »
, assure le candidat, après avoir évoqué une rumeur : son alopécie, soit la perte de ses cheveux et de ses poils, aurait caché une maladie grave, une allégation qu’il a toujours fermement démentie.
Interrogé sur les qualités essentielles que doit avoir un président de la République, Édouard Philippe estime qu’il est nécessaire d’avoir « une hauteur de vue »
. « Le président, ce n’est pas un commentateur. Ce n’est pas un Premier ministre. C’est celui qui met en place tout ça »
, indique-t-il, saluant la « forme d’intimité avec le pays »
qu’il a remarquée « chez Pompidou, chez le général de Gaulle, bien sûr, chez Chirac, chez Mitterrand »
.
« Je n’ai pas fait les 80 km/h pour emmerder le monde »
Sur la route, Édouard Philippe circule sur des ronds-points, qui rappellent évidemment la mobilisation des Gilets jaunes, dont l’un des éléments déclencheurs fut l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, instaurée en 2018 par le gouvernement de l’ancien Premier ministre.
« Je ne l’ai pas fait pour emmerder le monde. Je l’ai fait parce que les chiffres de la sécurité routière étaient mauvais et parce que je ne crois pas possible d’accepter l’idée qu’il y ait 3.500 morts par an et un nombre considérable de blessés chaque année dans mon pays à cause des accidents de la route »
, se justifie-t-il, avant de souligner : « On peut accepter d’être impopulaire quand on pense que c’est nécessaire. »
Impopulaire… et trop raide et hautain, comme le prétendent certains ? « Vous pensez qu’on peut être maire du Havre en étant loin des gens ? »
se défend Édouard Philippe au micro de TF1.
Édouard Philippe veut « limiter l’augmentation des dépenses sociales »
Le véhicule de « Route nationale » s’arrête devant Arty Bois Concept, une société coopérative et participative (Scop) de charpentiers et de menuisiers, située à La Boissière (Calvados). Ici, les salariés sont aussi les patrons. Un statut qui ne les empêche pas d’être inquiets pour l’avenir. Le salaire est évidemment l’une de leurs préoccupations majeures. « On fait des simulations [d’augmentation, ndlr] tous les ans. Pour vous donner une petite idée, sur 29.000 euros dans la poche des salariés, c’est quasiment 70.000 euros que ça coûte à l’entreprise »
, détaille Amandine Dubosq, assistante de direction et associée de l’entreprise, qui précise que « si on a du mal à payer nos loyers, si on a du mal à payer notre carburant, notre électricité, c’est l’économie locale autour qui va trinquer aussi parce que ça veut dire que les loisirs n’existeront plus »
.
Je vous propose qu’on travaille plus.
Je vous propose qu’on travaille plus.
Édouard Philippe
« Il y a un énorme problème. Toute la France le dit. Il ne faut pas le nier […]. La différence entre le net et le brut, ce sont les dépenses sociales »
, réagit Édouard Philippe, admettant qu’« on en a besoin »
et qu’il ne faut pas « les supprimer »
. « Il faut quand même qu’on trouve une solution pour limiter l’augmentation croissante des dépenses sociales »
, insiste-t-il. Avant d’exposer l’une des principales mesures de son programme : « Je vous propose qu’on travaille plus. Il faut accepter l’idée qu’il faut que les jeunes travaillent un peu plus vite, qu’ils rentrent un peu plus vite dans l’activité professionnelle. Il faut que tout le monde, en fonction de ses capacités, travaille un peu plus longtemps. »
Le candidat Horizons propose une réforme des retraites portant progressivement la durée de cotisation à 45 ans et l’âge de départ à 65 ans « pour les Français qui le peuvent »
.
« C’est notre intérêt d’aider » l’Ukraine
Direction Bonnebosq (Calvados), au restaurant À La Dorette, où les clients lui font part de leurs plus grandes préoccupations. La question du prix des carburants est en tête. Les taxes, aussi. Le patron, Jérôme Peuset, est seul en salle et accompagné de deux cuisinières. « Avant, on en avait deux de plus, mais vu les charges, on ne peut pas y arriver »
, confie le restaurateur. Selon ce dernier, la France est malade « de l’épuisement des Français »
. « Et je trouve que l’État dépense un petit peu trop à l’extérieur »
, ajoute-t-il, faisant référence à l’aide à l’Ukraine.
« Il y a plein de gens qui pensent qu’on ne devrait pas aider l’Ukraine. Moi, je pense qu’on aide l’Ukraine pas tellement parce qu’on est riches, parce qu’on n’est pas si riches que ça. On aide l’Ukraine pas tellement parce que ce serait bien. Je pense que c’est notre intérêt d’aider. Je pense qu’il y a une partie de notre sécurité qui se joue là-bas. Et c’est pour ça qu’il faut l’aider »
, affirme de son côté le fondateur du parti Horizons.
Le candidat Horizons veut que les établissements scolaires soient plus « autonomes »
Ce premier numéro de « Route nationale » se termine sur l’une des obsessions d’Édouard Philippe, l’école. « Le sujet le plus important »
, glisse le candidat, qui a rencontré le personnel du collège Pierre Simon de Laplace, à Lisieux (Calvados). Un établissement en REP (Réseau d’éducation prioritaire), qui compte 340 élèves. Face à Édouard Philippe, le principal du collège estime que son métier « a énormément changé »
. « J’ai connu toute une période où le chef d’établissement avait des marges de manœuvre, pouvait avoir une influence sur la politique pédagogique. Aujourd’hui, on est accablé par des circulaires qui tombent régulièrement, des évaluations »
, développe-t-il.
On peut recruter moins de profs.
On peut recruter moins de profs.
Édouard Philippe
« On est souvent à la fois amoureux de son travail et fatigué par la machine d’éducation nationale »
, admet Édouard Philippe, qui se dit « absolument convaincu »
par le fait de « donner les moyens aux établissements scolaires d’être réellement autonomes »
et de permettre à l’établissement d’« organiser parfois le rythme scolaire, parfois la structure des classes »
. Pour l’ancien Premier ministre, il est envisageable de changer le rythme des journées de cours. « L’organisation d’une journée d’études en Normandie au mois de juin n’est peut-être pas forcément la même qu’une journée d’études à Aix-en-Provence. Cela peut avoir du sens à certains endroits de commencer plus tôt et de terminer plus tôt »
, explique-t-il.
Le salaire des professeurs, un sujet clé
Plusieurs professeurs du collège Pierre Simon de Laplace lui font ensuite part de plusieurs inquiétudes. « On est obligés de gérer des choses qui nous dépassent, sur lesquelles on n’est pas formés, sur lesquelles on peut ne pas être à l’aise. Après l’assassinat de Samuel Paty, il fallait qu’on parle, qu’on explique, qu’on vienne dans les classes. La laïcité, il faut en parler de manière extrêmement claire, mais en avoir une connaissance quand même assez nette. Et pour l’instant, on sait très bien que tous les enseignants ne sont pas encore formés sur ce point-là »
, juge l’un des enseignants.
Le salaire est également au centre de leurs préoccupations. « Nous avons beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi certains cadres, de même catégorie que nous, ont un salaire supérieur au nôtre, alors que nous avons un niveau d’études parfois supérieur au leur »
, admet une professeure, tandis qu’un autre déplore le fait qu’il y a eu « un gel des salaires pendant de très nombreuses années »
. « On va baisser en termes d’élèves […] dans les cinq ou six années qui viennent »
, souhaite d’abord rappeler Édouard Philippe. En 2035, la France aura en effet perdu 1,7 million d’élèves. « Mais on peut recruter un petit peu moins de profs. Et ça, ça doit servir à financer l’augmentation de la rémunération des profs »
, poursuit le candidat, citant un « objectif d’environ 20%, y compris en milieu de carrière »
.

