- Le gouvernement se dit prêt à « bouger » sur la question de Parcoursup, vivement critiqué par les organisations lycéennes.
- Une « concertation flash » a été dépêchée pour remanier l’outil ou encore travailler sur la question des candidatures et des places en université.
- Transparence, algorithmes locaux… Plusieurs chantiers ont été évoqués ces dernières semaines.
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Elle est au coeur des revendications du mouvement lycéen, lancé il y a plus d’un mois. La plateforme d’orientation post-bac Parcoursup nécessite une « refonte en profondeur »
(nouvelle fenêtre), a concédé l’entourage du président de la République Emmanuel Macron, qui a reçu vendredi 23 octobre à l’Elysée des représentants lycéens. « Est-ce qu’on va bouger sur Parcoursup ? La réponse est oui »
, a insisté de son côté le Premier ministre Sébastien Lecornu dans la soirée, depuis Limoges.
« Beaucoup de contributions et de remarques »
sont remontées, en particulier « sur la transparence, sur l’humanisation de la plateforme »
, a-t-il détaillé, ajoutant que des annonces seront faites dès lundi, dans le cadre d’un « plan de réponses »
global. Le locataire de Matignon n’a toutefois pas livré davantage de détails pour l’heure, assurant seulement qu’un « travail est fait »
pour transformer cet outil créé en 2018, qui centralise offres de formation et souhaits des bacheliers et étudiants (nouvelle fenêtre) en réorientation.
Une « concertation flash »
du ministère de l’Enseignement supérieur se penche en effet sur le sujet : trois groupes de travail se sont organisés dans l’urgence, depuis mercredi et pour une « dizaine de jours »
. Ils sont consacrés à l’orientation, l’outil numérique et enfin les candidatures et places dans le supérieur, mais ces travaux sont boycottés par certaines organisations étudiantes et syndicats professionnels. Ces dernières semaines, plusieurs leviers ont déjà été évoqués pour remanier cette plateforme, sur laquelle plus d’un million de candidats ont postulé en 2026, auprès de quelque 25.000 formations.
Des critères de sélection plus transparents ?
Lors de son lancement en 2018, Parcoursup visait à remédier notamment au problème de tirage au sort dans les filières où il y avait plus de candidats que de places (nouvelle fenêtre). Désormais, lors de trop nombreuses candidatures pour une formation, un tri est réalisé à partir de l’examen des dossiers et les candidats sont classés. Mais cet outil est jugé trop opaque par de nombreux lycéens, voire discriminatoire. Il est aussi accusé de générer beaucoup de stress pour les élèves et leurs parents.
Pour améliorer la plateforme, les représentants du mouvement lycéen appellent notamment à ce que les formations ne puissent plus connaître le lycée d’origine des candidats, y voyant une source d’inégalités (nouvelle fenêtre). Pour l’association Les Lycéens! par exemple, ce système alimente même un « tri social »
. Plus largement, ils demandent aussi plus de transparence dans le processus de sélection, tout comme la principale fédération de parents d’élèves (FCPE), qui souhaite que soient publiés les « critères réellement utilisés par toutes les formations »
.
Pour le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, supprimer le lycée d’origine est une possibilité qui « doit être mise sur la table »
mais « comporte plus de complexités que ce que certains veulent parfois faire croire »
.
La concertation étudie par ailleurs la façon de rendre plus transparents « les critères de classement des candidatures »
. Un rapport parlementaire (nouvelle fenêtre) publié en février recommandait de publier les algorithmes propres à chaque formation ou chaque groupe de formations, ou encore d’indiquer comment sont hiérarchisés les critères de sélection.
S’il n’existe pas « d’algorithme derrière »
Parcoursup, « chaque université, chaque école a sa manière de faire pour constituer ses listes d’appel »
, a abondé début octobre le ministre, se disant prêt à « aller plus loin »
dans la « transparence »
sur ces sujets. Certains directeurs de formation sont prêts à franchir le pas : c’est « quelque chose qu’on pourrait faire collectivement »
, a réagi le président de l’université Paris-Dauphine, Bruno Bouchard, proposant de dévoiler aussi « le score du dernier retenu »
.
Places en université, contrôle continu…
Pour éviter que des candidats ne se retrouvent sur le carreau ou soient contraints de se tourner vers des formations privées et onéreuses, la question du nombre de places à l’université est aussi un enjeu. « Il y a des tensions réelles, en particulier en Île-de-France (et) pour les élèves issus des baccalauréats professionnels et technologiques »
, a reconnu Philippe Baptiste, ouvrant la voie à la création de places. Cela suppose toutefois du budget, et les demandes sont loin d’être uniformes : les présidents d’universités réclament 2.000 places supplémentaires, contre 250.000 pour les principales organisations étudiantes (nouvelle fenêtre).
Autre écueil de la plateforme actuelle : « il y a une vraie question autour du contrôle continu »
, a concédé Gilles Roussel, président de la concertation en cours et président du comité éthique et scientifique de Parcoursup. Les formations examinent en effet les bulletins scolaires et les notes obtenues pour le baccalauréat en première, mais pas en terminale, qui se déroulent en juin. D’après les témoignages de lycéens et de parents, ce contrôle continu constitue un véritable facteur de stress.
Enfin, la navigation sur la plateforme pourrait être repensée : l’outil peut être « rendu plus ergonomique, plus simple, mieux adapté au parcours réel de l’utilisateur »
, a estimé le ministre. L’hypothèse d’un possible changement de nom de la plateforme a aussi circulé ainsi que la modification du calendrier.
Au-delà du fonctionnement de la plateforme elle-même, la concertation en cours se concentre aussi plus largement sur l’accompagnement des élèves. Les lycéens sont censés bénéficier chaque année de 54 heures d’orientation, soit 1h30 par semaine, qui ne sont pas réalisées dans les faits, pointait un rapport parlementaire en février. « Il est question d’introduire plus d’orientation dès la seconde »
, a assuré Gilles Roussel.
Autant de chantiers à explorer en quelques jours seulement. Le ministre a déclaré attendre des membres de la concertation « des propositions concrètes, hiérarchisées »
et de préciser si elles sont réalisables dès 2027 ou à plus large échéance. La carte des formations sera mise en ligne en décembre et l’inscription ouvrira en janvier, comme le veut le fonctionnement actuel.

