La tension ne retombe pas autour de Pete Hegseth. Au lendemain d’une première audition déjà chaotique sur la guerre en Iran devant le Congrès, le secrétaire américain à la Défense a de nouveau été pris à partie ce jeudi 30 avril, cette fois en pleine déclaration préliminaire.
Alors qu’il déroulait son argumentaire sur le budget du Pentagone et la stratégie militaire américaine, une voix s’est élevée dans la salle. « Hegseth, vous êtes un criminel de guerre », lance un manifestant en brandissant une pancarte rose. « On devrait vous arrêter. Ce que vous faites est ignoble. Le peuple américain ne veut pas de cette guerre. »
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L’intervention est brève et des agents de sécurité interviennent immédiatement pour expulser le protestataire. Dans la confusion, on entend encore une partie de la salle réagir, avant que le président de la commission, le sénateur républicain Roger Wicker, ne reprenne la main.
« Nous apprécions le droit des Américains à s’exprimer garanti par le premier amendement, mais toute perturbation de cette audition ne sera pas tolérée », prévient-il.
Notre « plus grand adversaire » ce sont « les discours défaitistes et irresponsables de certains démocrates »
La veille déjà, des manifestants hostiles à l’intervention des États-Unis et d’Israël en Iran avaient interrompu la séance et l’avaient qualifié de « criminel de guerre ».
GRAEME SLOAN / Getty Images via AFP En arrière plan, un manifestant opposé à la guerre en Iran est expulsé de la salle après avoir interrompu l’audition du secrétaire à la Défense Pete Hegseth.
Mais au-delà de ces interruptions, c’est surtout le fond de son discours qui continue de crisper. Face aux sénateurs, le chef du Pentagone a défendu un énorme budget militaire de quelque 1 500 milliards de dollars, qu’il présente comme indispensable pour « reconstruire » la puissance américaine et remettre l’appareil de défense « sur un pied de guerre ».
Dans sa déclaration, il a insisté sur la nécessité d’accélérer la production industrielle et de renforcer les capacités militaires, tout en promettant une armée capable d’« inspirer la peur » aux adversaires des États-Unis. Il a également vanté les effets de la politique de Donald Trump, accusant les administrations précédentes d’avoir affaibli l’outil militaire.
Pete Hegseth a aussi durci le ton face à ses opposants politiques. « Le plus grand adversaire auquel nous faisons face aujourd’hui, ce sont les discours défaitistes et irresponsables de certains démocrates et de quelques républicains », a-t-il lancé, reprenant une ligne déjà assumée la veille.
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