jeudi, août 13

Matthew McConaughey ne manque pas de raisons pour expliquer pourquoi il a choisi « Oklahoma Honey », un thriller au goût de miel avec pour décor le sud rural américain, pour faire son retour au cinéma après une pause d’environ six ans. 

« La joie, l’âme, l’humour, la musique, la poésie, l’originalité de son époque, de son lieu et de son univers », égrène auprès de l’AFP l’acteur américain, avant la sortie de ce film indépendant vendredi aux Etats-Unis et mercredi prochain en France. 

Il y incarne Amziah King, un apiculteur charismatique qui partage son temps entre l’entretien de ses ruches et le banjo au sein d’un groupe de folk, composé d’amis et de voisins. 

« Je connaissais ces gens », confie le Texan de 56 ans. « J’aimais la façon dont ils s’aimaient, dont ils se disputaient, dont ils se souciaient les uns des autres. J’aimais la manière dont ils utilisaient la musique et l’humour pour survivre. »

« Amziah est un type qui, au fond, donne vraiment aux gens un sentiment d’appartenance », ajoute-t-il. « Je ne l’ai pas fait pour ça, mais avec le recul, je pense que c’est quelque chose de beau à offrir au monde et à partager avec les gens. »

Ce rôle de campagnard bourru au grand cœur lui a permis de retrouver le septième art, qu’il avait délaissé depuis « The Gentlemen » (2019), pour s’accorder une pause et écrire ses mémoires.

« Oklahoma Honey » est le film avec lequel il a vraiment retrouvé les plateaux de tournage après ce hiatus, car il a été tourné avant « The Lost Bus – Au cœur des flammes », un film sur un incendie dévastateur sorti l’an dernier. 

Le long-métrage du réalisateur Andrew Patterson mêle polar, comédie musicale et drame, dans les décors ruraux de l’Oklahoma. 

Le personnage principal trouve un nouveau sens à sa vie lorsqu’il retrouve Kateri (Angelina LookingGlass), une jeune femme qu’il avait accueillie comme une fille il y a des années avec sa défunte épouse. 

– « Adversaire redoutable » –

Grâce à des leçons de vie apprises auprès des abeilles, à des dîners communautaires et à la musique, Amziah King l’intègre petit à petit dans la communauté, et lui transmet également son rôle de leader. 

Très vite, la jeune femme amérindienne apprendra que le monde du miel n’est pas aussi doux qu’il n’y paraît. 

Angelina LookingGlass, chanteuse qui fait ses premiers pas au cinéma, s’est facilement glissée dans ce rôle. 

« Je m’identifie à Kateri à certains égards. Elle possède cette sérénité qui est, d’une certaine manière, sa force », a commenté l’actrice de 22 ans. « Beaucoup de gens la sous-estimeraient rien qu’en la regardant. Ils ne s’attendraient pas à ce qu’elle accomplisse tout ce qu’elle fait dans ce film, et j’espère que le public s’identifiera à cela, à elle, à cette femme autochtone vraiment forte, cette personne qui passe un peu inaperçue mais qui, au final, est une adversaire redoutable. » 

C’était bien l’intention d’Andrew Patterson, qui a développé ce projet après un premier long-métrage remarqué, « The Vast of Night » (2019). 

Le cinéaste et scénariste souhaitait centrer le film sur « une femme autochtone américaine qui ne reculerait devant rien ». 

« Elle se sert simplement de son intelligence et de son ingéniosité. Et j’étais enthousiaste à l’idée de donner vie à ce genre de personnage. C’est littéralement ce qui a été à l’origine de l’idée qui m’a donné envie de réaliser ce film, puis le personnage d’Amziah est apparu », explique M. Patterson à l’AFP. 

Le réalisateur indépendant n’osait initialement pas rêver d’avoir Matthew McConaughey à l’affiche.

« Je ne suis qu’un type de l’Oklahoma qui écrit des scénarios et réalise de petits films. Je n’avais pas eu l’occasion de lui présenter ce projet », a commenté Patterson.

Son chemin a fini par croiser celui de l’acteur et le réalisateur est « honoré de ramener Matthew au cinéma après six ans et demi ».

pr/rfo/vla

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