samedi, mai 2

Le camp stratégique de Tessalit, situé dans le nord du Mali, est désormais sous contrôle des groupes armés, après leur série d’attaques le weekend dernier contre la junte au pouvoir, ont indiqué vendredi à l’AFP des sources locale, sécuritaire et indépendantiste.

Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l’incertitude après les attaques sans précédent des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) et de la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte.

Cette dernière a accusé vendredi des militaires et hommes politiques d’avoir participé à cette offensive.

Et sur le terrain, l’armée malienne et ses alliés russes « ont abandonné leurs positions de Tessalit ce vendredi matin », a indiqué à l’AFP un élu local. Selon une source sécuritaire à l’AFP, ces derniers avaient déjà « évacué » le camp avant l’arrivée des groupes armés. « Aucun combat n’a eu lieu », a-t-il affirmé.

Ils ont fait « reddition » à Tessalit, près de la frontière avec l’Algérie, selon un responsable du groupe rebelle.

En début de semaine, un porte-parole des rebelles touaregs a promis que ses forces allaient conquérir le nord du pays et que la junte, qui s’est emparée du pouvoir à la suite de coups d’Etat en 2020 et 2021, allait « tomber ».

– Enquête –

Tessalit représente un camp stratégique de par sa position géographique, en plus de compter une grande piste d’atterrissage en bon état capable d’accueillir des hélicoptères et d’autres gros avions militaires.

Le camp accueillait également un nombre significatif de militaires maliens et de leurs alliés russes ainsi que du matériel militaire.

« Tessalit est la plus ancienne base construite par le colonisateur (français). C’est la base la plus avancée, qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur tout le Sahara », selon un officier à l’AFP.

Sa prise intervient quelques jours après le contrôle de la ville clef de Kidal par les groupes armés qui continuent de progresser dans le nord.

Les attaques coordonnées du week-end dernier ont constitué la plus grande offensive au Mali depuis près de 15 ans.

Une enquête ouverte à leur suite par le parquet militaire de Bamako a établi la « complicité de certains militaires » et « leur participation à la planification, à la coordination et à l’exécution des attaques ».

Ce communiqué publié vendredi met également en cause vendredi l’implication de l’opposant en exil Oumar Mariko, ancien député et ancien candidat à la présidence. Il ajoute que de premières interpellations ont été menées.

Selon des sources locale et indépendantiste, les groupes armés ont également pris possession du camp Aguelhok, situé à 100 km de Kidal.

Jeudi, les jihadistes du JNIM ont appelé à un large « front commun » pour « mettre fin à la junte » au pouvoir depuis 2020 au Mali, en vue d' »une transition pacifique et inclusive ».

Les jihadistes ont parallèlement instauré un blocus routier sur Bamako, bloquant plusieurs axes menant vers la capitale.

– Junte affaiblie –

Le même jour, un hommage national avait été rendu au ministre de la Défense, Sadio Camara, tué à Kati, fief de la junte, dans ces attaques qui ont fait au moins 23 morts, selon une source hospitalière à l’AFP.

La mort de ce général de 47 ans, considéré comme l’architecte du rapprochement de ces dernières années avec la Russie, est un coup dur pour la junte, plus que jamais affaiblie.

Son décès ainsi que les attaques d’ampleur et la perte de Kidal jettent le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés. Cela met aussi à mal sa rhétorique, qui affirmait jusqu’ici que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats avec l’étranger et son effort militaire accru avaient permis d’inverser la tendance face aux combattants islamistes.

Moscou a assuré jeudi que ses forces se maintiendraient au Mali, rejetant ainsi l’appel des rebelles à un retrait russe du pays.

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