jeudi, mai 28

  • Des agriculteurs utilisent un canon effaroucheur pour repousser les oiseaux et protéger leurs cultures en période de semis.
  • Une nuisance sonore pour les habitants des alentours.
  • Certaines mairies ont décidé de réglementer leur usage.

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Le 13H

Les détonations ne passent pas inaperçues. Et surtout quand elles s’enchaînent plusieurs fois par heure. Les canons agacent les oiseaux et c’est le but, pour les éloigner et ainsi préserver les semis. Mais ils agacent aussi les riverains des alentours. « Juste les laisser dans le champ, oui, parce qu’il en faut, mais peut-être les éloigner un peu plus des habitations », propose un habitant du quartier. « C’est un peu dérangeant, évidemment. Les chiens, ça les effraie, et les enfants n’aiment pas trop », constate une mère de famille. 

Des nuisances sonores jusque tard le soir

Christophe, interrogé dans la vidéo en tête de cet article, est nouvellement installé dans le village. Son quartier est entouré de champs agricoles. « Tous les champs autour, on les entend le soir, particulièrement le soir. Je suis ambulancier, donc je travaille aussi les week-ends, mais c’est vrai que les jours de pause, c’est assez contraignant. Ça fait poum par là, poum par là, poum par là. Et puis le problème qu’il y a, c’est que les oiseaux, ils s’habituent aussi au bruit. Donc je ne sais pas si ça sert vraiment », avance-t-il. 

Photo d’un canon effaroucheur pour éloigner les oiseaux des champs en période de semis. – TF1

La période des canons ne dure qu’un mois, au moment des semis. Et la maire de cette commune a estimé qu’il fallait réglementer pour que les habitants et les agriculteurs y trouvent leur compte. « Six détonations par heure maximum à plus de 250 mètres des habitations. De 7h30 le matin jusqu’à 21h30 et de 8h à 20h le dimanche. Ce n’est pas anti-agricole, je tiens à le préciser. On est vraiment sur un encadrement face au vide juridique qui existe », avance Caroline Alias, maire (SE) de La Faye, en Charente. 

Il y a quelques jours, un agriculteur nous avait présenté le fonctionnement de ces canons effaroucheurs. « Je viens de le programmer, il va faire une détonation toutes les 20 minutes », explique un agriculteur. Pour défendre ses semis de tournesol, de soja ou de maïs et éviter des plantes traitées au répulsif chimique, il n’y a pas beaucoup de solutions. « Si on ne fait rien, nos cultures sont carrément ressemées. Et aujourd’hui, si je dois ressemer, c’est 300 à 400 euros par hectare qu’il va falloir réinvestir alors qu’on est déjà en difficulté », justifie Christian Daniau, président de la FNSEA de Charente.

Il existe d’autres dispositifs sonores utilisés en complément, comme un pistolet spécifique. « Quand ils commencent à être 20 à 30 et plus encore, ça va très vite. Par contre un pistolet faroucheur, on s’en sert moins souvent, on est présent sur le site et en plus on peut tourner autour de la parcelle », montre Bastien Aupetit, agriculteur. Le nombre de corbeaux est malgré tout en baisse en France. Les semis agricoles sont aussi visés par les corneilles, les pies ou les pigeons.

La rédaction de TF1info | Reportage : Erwan BRAEM, Christophe DEVAUX

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